L’adieu à Brigitte Bardot, morte le 28 décembre à l’âge de 91 ans, s’est déroulé, mercredi 7 janvier, à Saint-Tropez, petit port de la Côte d’Azur, avec une messe au son de la bande originale du Mépris, de Jean-Luc Godard, ou d’un chant a capella de Mireille Mathieu, avec aux premières loges le fils de la légende du cinéma, en dépit de leurs relations compliquées.
Le cercueil recouvert de rotin était posé entre un grand portrait de Brigitte Bardot, large sourire, cheveux poivre et sel, et un autre où elle tient un bébé phoque dans ses bras.
Avant de commencer, le curé de Saint-Tropez a demandé à l’assistance de couper les téléphones, comme un symbole de la vie de celle qui fut traquée par les paparazzis.
La star souhaitait des funérailles « sans chichi », avec des fleurs simples et champêtres et une liste d’invités soigneusement sélectionnés par ses proches et sa fondation pour la protection des animaux, cause pour laquelle elle avait tourné le dos au cinéma, à l’âge de 38 ans.
Son fils Nicolas-Jacques Charrier, 65 ans, a porté le cercueil en pleurs et avait fait déposer une gerbe avec du mimosa, avec pour seule inscription : « A maman ». Sa venue, avec ses filles et petites-filles, d’Oslo, où il vit, restait un point d’interrogation tant il a entretenu une relation tumultueuse avec sa mère, qui s’était dite dénuée d’instinct maternel et l’avait laissé à son père, l’acteur Jacques Charrier, mort en septembre.
Moments forts de la cérémonie, le Panis Angelicus, chanté a capella par Mireille Mathieu, et la sortie au son des guitares de Chico and the Gypsies, qui la qualifie de « grande sœur d’âme ». La sœur de Brigitte Bardot, Mijanou, âgée de 87 ans, qui n’a pu faire le déplacement depuis Los Angeles, a fait lire un message pendant la cérémonie : « Je sens ta présence joyeuse et heureuse. S’il te plaît, reste avec moi jusqu’à ce que je te rejoigne. »
Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan, présents à « titre amical »
Egalement présents, le fils de l’acteur Jean-Paul Belmondo, Paul, l’humoriste Raphaël Mezrahi ou le défenseur des baleines Paul Watson, aux premières loges pour rendre hommage à cette passionaria de la cause animale. Et dans les rangs politiques, la députée (Rassemblement national) Marine Le Pen ou le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan, venus à « titre amical ».
La personnalité de l’ancienne actrice, plusieurs fois condamnée pour propos racistes et homophobes et proche de l’extrême droite, divise. Le gouvernement était représenté par la ministre déléguée chargée de l’égalité femmes-hommes, Aurore Bergé. Emmanuel Macron, que l’actrice n’appréciait guère, a fait porter avec son épouse une large gerbe.
Après l’église, le cercueil, dans un corbillard blanc, est parti en procession vers le cimetière marin, pour une inhumation strictement privée face à la Méditerranée, non loin de La Madrague, maison de pêcheur où Brigitte Bardot a vécu et s’est éteinte.
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L’époux de Brigitte Bardot, Bernard d’Ormale, qui fut conseiller de Jean-Marie Le Pen, a relaté dans une interview à Paris Match que l’ancienne actrice avait été emportée par un cancer, dont il n’a pas précisé le type. Elle « avait très bien résisté aux deux opérations subies pour soigner » ce cancer, a-t-il dit. « Elle voulait toujours absolument rentrer à La Madrague. Et là, c’était plus compliqué, notamment à cause de douleurs dorsales qui ne passaient pas, la faisaient souffrir, l’épuisaient ». Il a confié lui avoir tenu la main jusqu’à l’aube de ce 28 décembre où elle est morte, « entourée de ces animaux qu’elle aimait par-dessus tout, et de moi, qui l’aimais ».

