Les joueuses de l’équipe féminine d’Iran de football, le 8 mars 2026 à Goald Coast (Australie), lors d’un match de la Coupe d’Asie face aux Philippines.

Elles ont gardé le silence, alors que retentissait l’hymne de leur pays, deux jours après le début des bombardements israélo-américains visant l’Iran. Une semaine plus tard, la situation des joueuses de l’équipe iranienne féminine de football est entourée d’un grand flou, alors qu’elles doivent rentrer à Téhéran après leur élimination, dimanche, au premier tour de la Coupe d’Asie – qui se déroule en Australie.

Après les appels du syndicat international des footballeurs, la Fifpro, et de plusieurs personnalités à protéger les joueuses, menacées dans leur pays, dont Donald Trump, l’Australie a décidé d’accorder l’asile à plusieurs d’entre elles.

« Elles peuvent rester en Australie, elles sont en sécurité ici et il faut qu’elles se sentent comme chez elles », a déclaré, mardi 10 mars, le ministre de l’intérieur, Tony Burke, devant des journalistes.

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« Cinq [d’entre elles] ont déjà été prises en charge, et les autres ‌sont en route, avait assuré, en premier, le président américain dans un message sur son réseau social Truth Social, après s’être entretenu avec le premier ministre australien, Anthony Albanese. Certaines, cependant, estiment qu’elles doivent rentrer, car elles s’inquiètent pour la sécurité de leur famille, notamment en raison des menaces qui pèsent sur [leurs] membres (…) si elles ne rentrent pas. » Plusieurs médias australiens, dont la chaîne de télévision SBS News, ont expliqué que ces joueuses se trouvaient sous la protection de la ‌police fédérale australienne.

Plus tôt dans la journée, le même Donald Trump avait exhorté l’Australie à ne pas « commettre une terrible erreur humanitaire » en autorisant le renvoi en Iran des footballeuses, « où elles seront très probablement tuées ». En promettant que « les Etats-Unis les accueilleront si ⁠vous ne le ‌faites pas ».

« Summum du déshonneur », selon la télévision d’Etat

Les « Shirzanan » (lionnes, ou héroïnes) ont commencé la Coupe d’Asie en Australie au moment où les Etats-Unis et Israël lançaient des frappes aériennes sur l’Iran, tuant le Guide suprême de la République islamique, Ali Khamenei. Elles sont restées silencieuses alors que retentissait l’hymne iranien avant leur premier match, face à la Corée du Sud ; une attitude interprétée comme un acte de rébellion en Iran : un présentateur de la télévision d’Etat les a qualifiées de « traîtresses » représentant le « summum du déshonneur ». Lors des deux rencontres suivantes, les footballeuses iraniennes ont entonné le Mehr-e Khavaran, suscitant la crainte parmi les défenseurs des droits humains qu’elles ‌aient été contraintes de le faire par ‌les responsables ⁠gouvernementaux.

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Battues par les Philippines, dimanche (0-2), à Gold Coast (Australie), les Iraniennes ont vu leur compétition s’interrompre, après trois défaites en autant de rencontres. Mais celles qui sont devenues des icônes dans leur pays où les droits des femmes sont sévèrement restreints semblent loin d’avoir terminé leur périple.

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L’Australie avait accordé des visas humanitaires à plus de 20 membres de l’équipe féminine de cricket afghane, en 2021, après que les Talibans, de retour au pouvoir à Kaboul, avaient banni le sport au féminin.

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