A l’heure où nous écrivons ces lignes, plus de 80 rivières sont placées en vigilance jaune ou orange pour risque de crues. Les inondations constituent le premier risque dit « naturel » en France, par l’ampleur des dommages provoqués et l’étendue des zones concernées : plus de la moitié des communes y est exposée.
Ces chiffres ne disent pas tout. Derrière eux, ce sont des vies qui sont balayées : maisons inondées, logements fragilisés, activités interrompues, ressources perdues. Les changements climatiques multiplient les catastrophes dont les impacts sont à la fois immédiats et durables. Ils n’affectent pas seulement infrastructures et paysages, mais balaient littéralement des vies. Et loin de frapper tout le monde de la même manière, ils aggravent encore les inégalités sociales existantes. Les personnes à revenus modestes, déjà fragilisées, disposent de moins de marges de manœuvre pour faire face, se protéger ou se reconstruire.
Sans surprise : ce sont les plus fragiles qui paient le tribut le plus lourd, dans les pays du Sud comme en France. Quand on vit déjà sur le fil, le moindre choc peut faire basculer durablement dans la pauvreté. Le dérèglement climatique vient aussi creuser les inégalités, en créant de nouvelles précarités et faisant basculer des ménages stables dans des situations de vulnérabilités : difficulté à poursuivre son activité professionnelle, à faire valoir ses droits, à rester vivre dans son territoire, à se soigner correctement… Il enferme les personnes touchées dans une succession de chocs dont il est difficile de se relever. Ces inégalités se creusent aussi entre les pays : les pays les moins responsables des émissions de gaz à effet de serre sont les plus impactés et les moins armés face aux sécheresses, aux inondations, aux cyclones et autres catastrophes climatiques.
Des initiatives locales sont indispensables
De nombreuses solutions et pratiques d’adaptation existent, mais veillons à ce qu’elles aient toujours pour fondation la voix des principaux concernés. Les solutions à la crise climatique ne peuvent être justes et adéquates que si elles sont le fruit de concertations avec les habitants et habitantes. Par exemple, des comités citoyens d’adaptation, dotés de collèges de personnes vulnérables notamment, permettraient de construire les politiques d’adaptation avec et sur la base du savoir de tous les acteurs et actrices du territoire.
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