Recherche Rocky, chihuahua de 7 ans. Retrouver son animal égaré passait jusque-là par la pose d’affichettes aux alentours. Mais, lors de la soirée du Super Bowl, le 8 février, Ring – la filiale d’Amazon consacrée aux alarmes domestiques – a laissé miroiter, dans une publicité, un monde bien plus efficient. Il suffit de poster la photo du chien dans l’application Ring et une intelligence artificielle (IA) va chercher sa trace dans les images enregistrées par les caméras extérieures des maisons du quartier. Big Brother vous regarde depuis le porche.

Des caméras de sécurité devant l’université Columbia, à New York, le 3 septembre 2024.
Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Un Super Bowl 2026 à l’ombre de l’ICE, où les prises de parole des sportifs sont déjà une « preuve de courage »

En théorie, les pubs sont conçues pour donner envie de consommer un produit ou un service. Celle-ci a eu l’effet inverse, provoquant un grand frisson sur les dangers de ce type de fonctionnalités susceptibles de dériver vers une surveillance de masse. Sous pression, Amazon a annoncé, jeudi 12 février, qu’il renonçait à s’associer avec Flock Safety, une entreprise de tech exploitant un vaste réseau de caméras permettant d’identifier en instantané les plaques d’immatriculation pour le compte de la police. En octobre 2025, les deux partenaires avaient dévoilé leur projet d’ouvrir aux propriétaires de caméras Ring la possibilité de partager leurs vidéos avec les forces de l’ordre.

A l’image d’Amazon, les acteurs de la tech se retrouvent sur la sellette alors que le débat sur l’utilisation de l’IA à des fins de surveillance, voire de traque, enfle aux Etats-Unis. Samedi 14 février, le Wall Street Journal a révélé que le Pentagone avait eu recours à Claude, l’agent IA d’Anthropic, dans le cadre de l’opération commando ayant permis d’enlever le président vénézuélien, Nicolas Maduro, à Caracas. Cela s’est fait, selon des sources anonymes citées par le quotidien américain, à travers le partenariat noué entre Anthropic et Palantir Technologies, la société d’analyse de données qui travaille notamment avec le gouvernement américain.

Il vous reste 34.98% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Share.
Leave A Reply

Exit mobile version