Le sentier des douaniers s’interrompt soudainement, barré par une clôture en lattes de bois surmontée d’un panneau jaune pétard : « Accès interdit, danger ! » Une béance s’ouvre dans la falaise, coupant un mur de pierres. A 20 mètres, en retrait, de jolies maisons sont alignées face à l’océan. Entre les deux, des capteurs orange sont plantés dans l’herbe. En décembre 2020, la côte de Bidart (Pyrénées-Atlantiques) voyait s’effondrer un pan entier de sa corniche. Depuis, la paroi de marne grise, haute de 900 mètres, ne cesse de se déliter, sous la poussée des vents et le ruissellement des pluies.
En contrebas, entre la plage du Pavillon royal et celle d’Erretegia, un autre éboulement impressionnant a couché sur le sable un chaos de blocs de calcaire et des pans de murs maçonnés. Joël (il n’a pas souhaité donner son nom), un retraité nantais qui possède une résidence secondaire dans le bourg, regarde, médusé, les dégâts : « Je n’étais pas revenu depuis la Toussaint. Il y a quelques mois, il n’y avait que du sable. Avec les tempêtes récentes, l’érosion s’est accélérée. » Les dommages provoqués par les vagues et les précipitations sont visibles sur les 6 kilomètres de front de mer.
Cela fait maintenant plus de dix ans que cette station balnéaire cossue de la Riviera basque a vu s’accélérer l’érosion éolienne et marine. Les fortes tempêtes qui se sont succédé cet hiver ont amplifié les chutes et leur cadence. Entre les vagues qui viennent taper le pied des falaises, les pluies qui dévalent sur la pierre et les eaux souterraines qui resurgissent à flanc, celles-ci sont de plus en plus fragilisées. Le littoral recule inexorablement, sans possibilité de prévoir où cela va tomber. « Les eaux qui jaillissent sans que l’on sache leur cheminement, c’est ce qui nous inquiète le plus », remarque Emmanuel Alzuri, maire divers droite de la commune.
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