Un an avant la présidentielle, le Rassemblement national (RN) espérait ne pas abîmer sa dynamique nationale dans les municipales. Si le deuxième tour, dimanche 22 mars, a confirmé les zones de force géographiques du parti d’extrême droite, il a aussi – et surtout – illustré les limites sociologiques de sa croissance. Echaudé par les déconvenues passées, le mouvement n’osait brandir qu’un objectif majeur pour les municipales 2026 : Toulon. Même modestes, les ambitions se sont révélées trop optimistes dans les grandes villes.
Donnée favorite dans la cité portuaire, la médiatique députée Laure Lavalette n’a pas percé le plafond de verre urbain des lepénistes, mis en échec dans ces communes où l’électorat est plus jeune et plus diplômé. La campagne toute en bonhomie et communication dédiabolisée de la parlementaire n’a pas convaincu les strates toulonnaises les plus aisées ; celles de la dernière circonscription varoise n’ayant pas basculé dans l’escarcelle du RN ou de ses alliées aux législatives 2024. Dans le Gard, l’ex-Front national (FN) a échoué à convertir une triangulaire favorable à Nîmes, elle aussi plantée dans un département pourtant largement acquis aux idées frontistes lors des scrutins nationaux. Julien Sanchez, eurodéputé et directeur de campagne du RN, a perdu son pari de rallier à sa cause les électeurs de droite pour empêcher la victoire du communiste Vincent Bouget.
Perpignan, conservée dès le premier tour par Louis Aliot, restera ainsi la seule des 42 grandes villes du pays (plus de 100 000 habitants) dirigée lors des sept prochaines années par le RN. Des défaites que Jordan Bardella s’est empressé de mettre sur le compte des « contradictions » du parti Les Républicains (LR), qui a balayé ses multiples « mains tendues » tout au long de la campagne à s’allier contre la gauche et Jean-Luc Mélenchon.
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