
Bataille de récits, depuis dimanche 15 mars à 20 h 01 : le premier tour des élections municipales est-il la manifestation du « succès de l’implantation locale » du Rassemblement national (RN), comme le rappelle le parti aux journalistes dans un message envoyé le lendemain matin ? Ou un succès en trompe-l’œil, les scores spectaculaires de ses maires sortants et de ses candidats à Marseille ou à Nice dissimulant une réalité contrastée ? A dire vrai, la cartographie électorale du RN au lendemain de ces élections est surtout difficilement lisible, traduisant des configurations locales plus que des dynamiques nationales.
Ces variables écartées, un phénomène a toutefois sauté aux yeux des cadres lepénistes à l’analyse des résultats : la lame de fond dans le Pas-de-Calais et la côte méditerranéenne contraste avec la vaguelette partout ailleurs. Dans ses deux bastions, le RN n’a pas seulement gagné des villes ; c’est aussi là qu’il a le plus gagné de voix par rapport au scrutins précédents. Pour jauger l’évolution de l’implantation municipale du parti, Le Monde s’est plongé dans les résultats des préfectures et villes moyennes de 30 000 à 100 000 habitants, où le RN a fortement progressé ces dernières années. Il y dispose de députés, y est souvent arrivé en tête aux élections européennes de 2024. Nous avons comparé ses résultats du premier tour à son meilleur cru municipal, le scrutin de 2014. En 2020, dans le contexte de l’épidémie de Covid-19, les électeurs d’extrême droite s’étaient peu rendus aux urnes et le RN présentait significativement moins de listes.
Il vous reste 78.54% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

