Ils se sont quittés sans un mot. Epuisés chacun par plusieurs mois de campagne, et Benoît Payan sidéré par leur dialogue de sourds. Jeudi 19 mars, à trois jours du second tour, le maire divers gauche de Marseille, 48 ans, affrontait, dans un duel diffusé en direct sur France 2, Franck Allisio, 45 ans, le candidat du Rassemblement national (RN).
Ce fut le plus âpre de leurs trois débats. « Vous êtes le candidat unique de la gauche et de l’extrême gauche (…) avec Jean-Luc Mélenchon sur vos épaules », a lancé le député d’extrême droite au maire, qui a pourtant claqué la porte à La France insoumise (LFI). « Vous avez l’art de réinventer la réalité », a répondu Benoît Payan, en découvrant son rival prêt à toutes les fake news pour offrir Marseille en « trophée à Marine Le Pen ».
L’ultime semaine de campagne s’est ouverte très tôt, lundi 16 mars, sur une image politique ultra-soignée. Six heures à peine après la validation finale des résultats du premier tour, le maire de Marseille remonte la rue Saint-Ferréol, large artère commerçante du centre-ville menant tout droit à la préfecture des Bouches-du-Rhône. Il se sait observé et marche au milieu de son équipe de campagne et de candidats de chacun des huit secteurs qui découpent Marseille. L’ex-socialiste est en route pour déposer ses listes de second tour. Exactement les mêmes qu’au premier, le reflet de la large coalition de gauche, citoyenne et écologique qui pilote la ville depuis 2020, sous le nom de Printemps marseillais. Et, donc, sans LFI.
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