Session plénière au Parlement européen, à Strasbourg, le 9 février 2026.

Le Parlement européen a adopté définitivement, mardi 10 février, deux textes phares pour durcir la politique migratoire du continent, grâce à une alliance de la droite et de l’extrême droite. Ils permettront notamment aux Etats membres de l’Union européenne (UE) de renvoyer des demandeurs d’asile vers des pays dont ils ne sont pas originaires, mais que l’Europe considère comme « sûrs ».

Cette idée est déjà testée par la première ministre italienne, Giorgia Meloni, avec des centres en Albanie, mais s’est jusqu’ici heurtée à des obstacles juridiques. Le texte adopté mardi pourrait faciliter l’application de ce concept, au grand dam des ONG et de la gauche, qui s’inquiètent du traitement des demandeurs d’asile dans ces pays.

C’est « une étape de plus de la déshumanisation de la politique migratoire de l’Union européenne », a déploré l’eurodéputée écologiste Mélissa Camara, regrettant que la dignité des demandeurs d’asile soit « bafouée ». La Commission européenne réfute ces critiques, assurant que les pays dans lesquels ces migrants seront envoyés devront avant tout respecter les droits fondamentaux.

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Baisse des entrées irrégulières

Autre mesure phare contenue dans les textes validés au Parlement : la création d’une liste de pays que l’UE considère comme « sûrs », limitant de fait les possibilités d’asile pour leurs ressortissants.

L’idée de cette liste, qui comprend le Kosovo, le Bangladesh, la Colombie, l’Egypte, l’Inde, le Maroc et la Tunisie, est d’accélérer le traitement de leurs demandes d’asile et de hâter éventuellement leur rapatriement.

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« Les citoyens attendent de nous que nous tenions nos promesses en matière de politique migratoire, et c’est exactement ce que nous faisons aujourd’hui », a salué l’eurodéputée de la droite conservatrice Lena Düpont de l’hémicycle.

La baisse des arrivées – environ 25 % d’entrées irrégulières en moins par rapport à l’an dernier – n’a pas fait retomber la pression sur les responsables politiques du Vieux Continent. Le centre de gravité politique de l’Europe a glissé à droite, poussant ses dirigeants à serrer encore la vis sur l’immigration.

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Le Monde avec AFP

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