
Lustré, le trophée vient à peine d’être rapporté par Akínolá Davies Jr de la cérémonie des BAFTA. L’avant-veille, le cinéaste de 40 ans s’est vu remettre ce prix – l’équivalent d’un César de l’autre côté de la Manche – dans la catégorie meilleur nouveau scénariste, réalisateur ou producteur britannique.
« Incontestablement, c’est une validation, dit-il, un matin de février, dans le studio tamisé qu’il occupe à la Somerset House, centre culturel du cœur de Londres. Je vis entouré de binationaux d’origine pakistanaise, ghanéenne, indienne, sri-lankaise… Moi-même, j’ai les nationalités britannique et nigériane. Le Royaume-Uni, pour le meilleur et pour le pire, a été conçu comme un empire. Alors bien sûr que ça compte de voir que les histoires de tous ses enfants, d’où qu’ils soient, peuvent être reconnues par une institution. »
Hissé au sommet d’une étagère, le BAFTA a rejoint plusieurs prix déjà récoltés par Akínolá Davies Jr grâce à son court-métrage Lizard (2020) et surtout Un jour avec mon père, auréolé d’une mention spéciale dans la catégorie Un certain regard, à Cannes, en mai 2025. Coécrit avec son frère Wale, ce premier long-métrage contenu et poignant, en salle le 25 mars, allie l’apparence banale d’une échappée – deux frères de 8 ans et 11 ans suivent sagement leur père à travers Lagos durant quelques heures – et la puissance d’une journée inoubliable – l’intrigue se situe le jour de l’élection présidentielle du 12 juin 1993, brutalement annulée par l’armée.
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