
La rencontre aurait pu être mouvementée, au lendemain d’une décision judiciaire qui a attisé les colères. Il n’en a rien été. Invité aux « Assises du “made in France” », que la CGT a tenues, jeudi 26 mars, à Pont-de-Claix (Isère), le ministre délégué chargé de l’industrie, Sébastien Martin, a passé un « grand oral » de près de deux heures, dans une ambiance calme et studieuse. Ce temps d’échange a confirmé que, pour le moment, le courant passe plutôt bien entre lui et les organisations de salariés, en particulier celle dirigée par Sophie Binet, qui était présente pour l’interpeller et participer aux travaux, tout au long de la journée. Les débats ont aussi permis à la syndicaliste de braquer les projecteurs sur la « saignée » préoccupante de l’emploi dans plusieurs filières et de mettre en valeur les solutions élaborées par des militants pour stopper la « désindustrialisation ».
Si la CGT a débarqué à Pont-de-Claix pour orchestrer cet exercice de réflexion collective, ce n’est pas le fruit du hasard. Dans cette commune de la banlieue sud de Grenoble se trouve l’usine chimique Vencorex, quasiment à l’arrêt depuis sa mise en liquidation prononcée en avril 2025, après des mois de mobilisation du personnel. « Un scandale national », symbole de « l’abandon de l’industrie », sur lequel la lumière doit être faite en créant une commission d’enquête parlementaire, aux yeux de Mme Binet. Le sort de cette société vient, une fois encore, d’être examiné par le tribunal des activités économiques de Lyon – le nouveau nom donné à des tribunaux de commerce. Mercredi, cette juridiction a écarté l’offre de reprise défendue par d’ex-salariés de l’entreprise et par un patron isérois, Olivier Six.
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