
Le Kényan Albert Korir, ancien vainqueur du marathon de New York, a été suspendu cinq ans, lundi 30 mars, après avoir été testé positif lors d’un contrôle antidopage, un nouveau cas de triche ternissant l’image de l’athlétisme kényan. L’athlète de 32 ans a été contrôlé positif à un dérivé synthétique d’érythropoïétine (EPO), un produit stimulant la production de globules rouges, selon l’Unité d’intégrité de l’athlétisme (AIU).
Albert Korir a remporté le marathon de New York en 2021 dans un temps de 2 heures 8 minutes 22 secondes et en a pris la troisième place deux ans plus tard, avec un record personnel de 2 heures 6 minutes 57 secondes. Il a également gagné le marathon d’Ottawa en 2019 et 2025.
Le 12 janvier, quelques jours après sa notification de suspension provisoire, l’athlète avait reconnu des infractions aux règles antidopage et accepté la période d’inéligibilité de six ans en conséquence, a précisé l’AIU dans un communiqué. « L’athlète bénéficie donc d’une réduction d’un an de sa période d’inéligibilité initiale en raison de sa reconnaissance anticipée et de son acceptation de la sanction », a ajouté l’AIU. L’athlète est ainsi suspendu pour une durée de cinq ans, du 8 janvier 2026 – date de sa suspension provisoire – au 7 janvier 2031.
Un moyen pour sortir de la pauvreté
L’Agence mondiale antidopage (AMA) avait déclaré en octobre que le Kenya avait réalisé des progrès « importants » dans la lutte contre le dopage et avait renoncé à imposer des sanctions au pays. Elle avait néanmoins rappelé que celui-ci restait en période probatoire pour améliorer son système de contrôle.
En octobre également, la détentrice du record du monde du marathon, Ruth Chepngetich, avait été suspendue pour une durée de trois ans après avoir reconnu l’usage d’hydrochlorothiazide (HCT), un diurétique interdit, utilisé pour camoufler la prise de produits dopants.
L’athlétisme étant pour beaucoup de Kényans un moyen de sortir de la pauvreté, la pression ressentie par les coureurs amène certains à céder aux sirènes du dopage. D’autant plus que le pays manque d’infrastructures de qualité nécessaires au développement d’athlètes de haut niveau.
Le Kenya avait travaillé à améliorer son image après une série de scandales liés au dopage avant les Jeux olympiques de Rio, en 2016, qui avait poussé l’AMA à déclarer le pays en état de « non-conformité » avec ses obligations. Depuis, plus de 140 athlètes kényans, principalement des coureurs de fond, ont été sanctionnés pour dopage. En juin 2024, le Kenya a infligé la toute première suspension à vie de son histoire à la marathonienne Beatrice Toroitich, ainsi qu’une suspension de six ans à Rhonex Kipruto, recordman du monde du 10 kilomètres.


