
Un tribunal azerbaïdjanais a condamné, lundi 16 mars, à dix ans de prison l’homme d’affaires français Martin Ryan pour espionnage, a constaté un correspondant de l’Agence France-Presse, une affaire qui avait débuté en pleines tensions diplomatiques entre Paris et Bakou, tensions qui ont depuis diminué.
Lors d’une audience à Bakou, capitale de ce pays du Caucase, Martin Ryan, qui avait été arrêté en décembre 2023, a été reconnu coupable d’espionnage au profit de Paris – des accusations rejetées en bloc par la France.
Le procès de l’homme d’affaires, qui vivait depuis quatre ans en Azerbaïdjan au moment de son arrestation, avait débuté en janvier 2025. Le parquet avait requis onze ans de prison. Il était jugé aux côtés d’un complice présumé, Azad Mamedli, un Azerbaïdjanais accusé de haute trahison et qui a été condamné à douze ans d’emprisonnement.
Selon l’accusation, Martin Ryan a été recruté par des membres de la direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) travaillant à l’ambassade de France à Bakou qui ont ensuite été expulsés du pays. Il aurait reçu notamment l’ordre d’obtenir des informations sur la déclaration de Choucha de juin 2021, un document renforçant l’alliance entre l’Azerbaïdjan et son principal soutien, la Turquie. Toujours d’après l’accusation, il aurait eu comme consigne de récolter des données sur les relations de l’Azerbaïdjan avec l’Iran, le Pakistan, l’Algérie et la Somalie, ainsi que des photographies d’armements livrés à Bakou par le Pakistan et des informations sur des entreprises liées à la Russie et à la Chine.
Des relations tendues depuis en septembre 2023
D’après les autorités azerbaïdjanaises, Martin Ryan avait recruté Azad Mamedli et organisé une rencontre entre lui et des agents du renseignement français, qui l’auraient chargé de recruter des Azerbaïdjanais et des Russes dans une université de Moscou où il étudiait.
Dans sa dernière prise de parole avant le verdict, Martin Ryan avait rejeté ces accusations et répété avoir agi sans être conscient que ses activités pouvaient être utilisées à des fins d’espionnage. « Je ne suis pas un espion et j’ai tenté de le prouver tout au long du procès », a-t-il affirmé, selon des propos traduits par un interprète. Il a affirmé se considérer « seulement coupable » d’avoir établi des contacts avec des employés de l’ambassade française et de n’avoir pas partagé d’informations à leur sujet avec les autorités azerbaïdjanaises.
Paris a rejeté catégoriquement, à plusieurs reprises les allégations de la justice azerbaïdjanaise, affirmant que Martin Ryan était victime des tensions diplomatiques.
Les relations entre la France et l’Azerbaïdjan s’étaient dégradées depuis la reprise par Bakou, en septembre 2023, du territoire du Haut-Karabakh, à majorité arménienne, ce qui a provoqué le déplacement de plus de 100 000 habitants. Bakou reprochait alors le soutien de Paris à l’Arménie. Les autorités françaises ont accusé en retour l’Azerbaïdjan d’une ingérence concernant ses territoires d’outre-mer, ce que l’Azerbaïdjan nie.
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Depuis l’automne dernier, les liens entre les deux pays ont montré des signes d’amélioration. Le 8 mars, le président français, Emmanuel Macron, et son homologue azerbaïdjanais, Ilham Aliev, se sont entretenus par téléphone et ont discuté, selon Bakou, des possibilités de relancer leurs relations bilatérales.


