Qui est vraiment Emilie König ? Celle qui avait été surnommée par la justice française « l’égérie du djihad », silhouette enveloppée dans un niqab noir et yeux bruns bordés de khôl, abreuvant, depuis la Syrie, les réseaux sociaux de messages mortifères ? Ou bien la détenue modèle de la prison de Rennes, cette « femme intelligente et attachante désormais engagée sur le chemin de la vérité », comme la décrivent ses avocats, Emmanuel Daoud et Julie Bolo-Jolly ?

Du 26 au 30 novembre, à Paris, les magistrats de la cour d’assises spéciale devront se forger une opinion. Et juger si la femme qui se tient face à eux regrette sincèrement son ralliement au drapeau noir de l’organisation Etat islamique (EI), si elle renie du fond du cœur ses appels à la violence et à la haine. De leur intime conviction dépendra le nombre d’années que cette mère de cinq enfants passera derrière les barreaux.

Pour cerner la personnalité d’Emilie König, 41 ans, il leur faudra remonter le fil d’une existence cabossée, marquée selon les psys par « la violence, les carences parentales et affectives ». Benjamine d’une fratrie de quatre enfants nés de trois pères différents, la petite Bretonne de Lorient (Morbihan) a 2 ans quand celui qu’elle nomme son « géniteur », ancien de la gendarmerie maritime, abandonne la famille. En grandissant, elle reverra très peu Jean-Bernard König – deux mois au total, estime-t-elle. Avec sa mère, Edwige, la relation est aussi fusionnelle que conflictuelle. « Elle ne m’avait pas voulue », assure Emilie König à la juge d’instruction. A 16 ans, elle quitte l’appartement maternel pour s’installer dans une famille d’accueil. Sa mère ne veut plus voir sa « sale gueule », dit-elle.

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