« Le Lac des cygnes », de Tchaïkovski, chorégraphié par Angelin Preljocaj, à la Comédie de Clermont-Ferrand, en octobre 2020.

Le bestiaire de la danse décline un inventaire d’animaux variés. De la jungle à la ferme, on rencontre un éléphant et un serpent dans le ballet La Bayadère (1877) ; un coq et des poules avec La Fille mal gardée (1789) ; des bergers allemands dans Nelken (1982), de Pina Bausch ; une grenouille au détour de L’Anoure (1995), d’Angelin Preljocaj ; ou encore une licorne et un lapin nichés au cœur d’A mon seul désir (2014), de Gaëlle Bourges. Et, bien sûr, des cygnes, en veux-tu en voilà, des blancs, des noirs, en tutu ou façon vilain petit canard, flamenco ou rococo, hommes et femmes mélangés dans une horde claquant des bras à tout vent.

Le cygne ensorcelle, depuis toujours. L’oiseau occupe une place à part dans la mythologie, où la métamorphose de Zeus en cygne au long cou, parfait pour séduire Léda, indique crûment son pouvoir et son ambivalence. La création, en 1895, du Lac des cygnes par Marius Petipa et Lev Ivanov sur la musique de Tchaïkovski, au Théâtre Mariinski, à Saint-Pétersbourg (Russie), a dopé le phénomène. Le ballet est devenu le tremplin d’un fantasme chorégraphique inépuisable dont cet animal, entre féminin et masculin, est le moteur. « La puissance séductrice et dangereuse du cygne se trouve au cœur de cette œuvre de Petipa, commente Sylvie Jacq-Mioche, historienne. Qu’il soit au fil du temps interprété par une femme ou par un homme, peu importe, c’est autour de son ambiguïté sexuelle que se construit le propos. »

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