
Le ministre des affaires étrangères costaricain, Arnoldo André Tinoco, a annoncé, mercredi 18 mars, la fermeture de l’ambassade du Costa Rica à Cuba et a affirmé avoir « demandé au ministère des affaires étrangères de Cuba de retirer son personnel diplomatique de l’ambassade à San José, à l’exception des agents consulaires ».
Allié de Donald Trump, qui impose à Cuba un blocus énergétique et a multiplié ces dernières semaines les menaces de prendre le contrôle de l’île communiste, le président costaricain, Rodrigo Chaves, a déclaré le même jour que son gouvernement « ne reconnaît pas la légitimité du régime communiste de Cuba, compte tenu des mauvais traitements, de la répression, des conditions indignes imposées aux habitants de cette île magnifique ».
« Il faut débarrasser l’hémisphère des communistes », a ajouté M. Chaves qui a précisé qu’« en ce moment, le Costa Rica et le régime communiste cubain n’ont pas de relations diplomatiques ». Selon lui, La Havane pourra maintenir son personnel consulaire dans le pays afin de pouvoir s’occuper d’environ 10 000 résidents cubains, tandis que le Costa Rica répondra à ses ressortissants vivant à Cuba depuis le Panama.
Crise économique sévère à Cuba
Avec cette décision, le Costa Rica suit les pas d’un autre allié de l’administration Trump dans la région, l’Equateur, qui a expulsé début mars l’ambassadeur de Cuba à Quito, ainsi que l’ensemble de la mission diplomatique. L’Equateur avait justifié sa décision en évoquant une ingérence dans les affaires politiques internes du pays et la participation à des « activités violentes ». Le Costa Rica et l’Equateur font partie d’une alliance de pays latino-américains autour du président américain créée pour lutter contre le trafic de drogue.
La Havane a réagi mercredi en dénonçant une décision « arbitraire, manifestement prise sous pression et sans tenir compte des intérêts nationaux ni de ceux de ce peuple frère ». Le ministère des affaires étrangères cubain affirmant que « par cette démarche, le gouvernement costaricain (…) se joint une fois de plus à l’offensive du gouvernement américain dans ses tentatives renouvelées d’isoler notre pays » du reste de la région.
Cuba fait face à sa pire crise économique depuis plus de trente ans, aggravée par la suspension des livraisons de pétrole par Caracas depuis la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro en janvier et par le blocus pétrolier de facto que Washington impose à l’île de 9,6 millions d’habitants.


