Alors que l’opération « Fureur épique », lancée par les Etats-Unis contre le régime iranien, entre dans sa quatrième semaine sans qu’aucune issue claire se dégage, les effets collatéraux se multiplient. En se lançant dans cette aventure, Donald Trump voulait restaurer la crédibilité stratégique américaine et contenir une escalade régionale jugée menaçante. Il est en train, paradoxalement, d’offrir à Vladimir Poutine un répit économique et stratégique inespéré. A mesure que le conflit au Moyen-Orient fait flamber les cours du pétrole et détourne l’attention occidentale, la Russie retrouve un ballon d’oxygène dans sa guerre d’attrition en Ukraine.

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Il y a quelques jours, le président russe, Vladimir Poutine, face aux dirigeants des principales compagnies pétrolières et gazières du pays, a savouré ce retournement de situation. Il a ironisé sur les efforts européens déployés depuis quatre ans pour se sevrer des hydrocarbures russes, rappelant que l’énergie bon marché reste un puissant facteur de tentation politique. Le message est sans ambiguïté : les grands principes s’érodent vite lorsque la facture énergétique explose.

Cette séquence intervient à un moment crucial pour l’économie russe, alors que la situation s’était nettement dégradée. Les sanctions occidentales, le plafonnement du prix du pétrole décidé au sein du G7 et l’effritement des marges à l’exportation commençaient à peser lourdement sur les finances publiques russes. La croissance, dopée artificiellement par l’économie de guerre, commençait à flancher, tandis que le déficit budgétaire se creusait.

Solidarité occidentale fragilisée

La guerre en Iran change la donne. En quelques jours, le prix du baril s’est envolé au-delà des 100 dollars (86 euros). Le brut russe de l’Oural, longtemps bradé autour de 50 dollars, a suivi le mouvement en se hissant à des niveaux que Moscou n’osait plus espérer il y a seulement quelques semaines. Or, chaque hausse de 10 dollars du prix du pétrole ajoute environ 0,7 point de croissance à l’économie russe. Le budget fédéral commence à s’équilibrer avec un baril à 59 dollars.

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