
Faire table rase du passé au nom de l’urgence économique. Malmené par les Etats-Unis, son premier partenaire commercial, le Canada s’est lancé, depuis un an, dans un processus de réconciliation avec les pays dont il s’était éloigné. Après une opération séduction en Chine en janvier, Mark Carney vient d’achever une visite tout aussi symbolique en Inde, la première pour un leader canadien en huit ans. « Nous sommes une seule et même famille », s’est enthousiasmé le premier ministre, lundi 2 mars, aux côtés de son homologue indien, Narendra Modi, à New Delhi.
Un tel rapprochement paraissait impensable il y a encore peu. En 2023, les relations bilatérales avaient atteint un point de rupture lorsque le Canada avait accusé l’Inde d’avoir orchestré l’assassinat d’un leader sikh séparatiste, Hardeep Singh Nijjar, sur le sol canadien. Malgré les démentis catégoriques de New Delhi, un froid diplomatique s’était installé avec l’expulsion réciproque de diplomates, et des accusations répétées par Ottawa d’ingérence indienne.
Cette visite de M. Carney en Inde marque ainsi un nouveau chapitre dans les relations entre les deux puissances, qui « ont davantage collaboré en un an qu’au cours des deux dernières décennies réunies », a assuré le dirigeant canadien. « Nos relations ont connu un regain d’énergie, de confiance mutuelle et de positivité », a salué, pour sa part, M. Modi.
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