Isabel Aimé Gonzalez Sola (Lina), dans « Las Corrientes », de Milagros Mumenthaler.

L’AVIS DU « MONDE » – À NE PAS MANQUER

Un beau personnage de cinéma, ce n’est pas toujours celui qui nous accompagne, mais parfois, aussi, celui qui nous résiste, nous échappe. C’est autour d’une telle figure insaisissable que tourne Las Corrientes, dont le beau titre – « Les Courants » – dit bien à quel point il est traversé de forces contraires et de flux invisibles. Il s’agit du troisième film en quinze ans de Milagros Mumenthaler, cinéaste plutôt rare, née en 1977, d’origines suisse et argentine, et dont le premier long-métrage, Trois sœurs, avait reçu le Léopard d’or à Locarno en 2011. Ce nouveau film aborde une figure féminine, non pour en dresser le portrait psychologique, mais pour en creuser l’énigme.

Lina (Isabel Aimé Gonzalez Sola), jeune styliste réputée, est venue recevoir un prix en Suisse. Au cours de la cérémonie, l’élégante femme de 34 ans s’éclipse, erre un temps dans les rues de Genève, avant de franchir un pont et, soudainement, se jeter dans les eaux tourbillonnantes du Rhône. D’emblée, l’ouverture fascine : la sortie de piste du personnage est mise en scène sans parole, comme une dérive muette, une trajectoire opaque à elle-même. Tentative de suicide ou folie passagère ? Voilà en tout cas une héroïne qui naît sous le signe de l’interrogation.

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