LETTRE DE SYDNEY

Lunettes de soleil, casquette, sandales Birkenstock et robe chemise courte à rayures bleues et blanches, l’ancienne première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern affiche, en ce dimanche 8 mars, une allure résolument décontractée dans les rues de Manly, quartier balnéaire huppé de l’est de Sydney, alors qu’elle profite d’une promenade au bord de la plage avec sa mère, Laurell, son mari, Clarke Gayford, leur fille de 7 ans, Neve.
Mais si la quadragénaire se fond dans la foule du front de mer, son installation dans la métropole, fin février, n’est, elle, pas passée inaperçue. Sa décision de poser ses valises de l’autre côté de la mer de Tasman a été interprétée par nombre de ses compatriotes et par la presse comme le symbole de la fuite croissante des cerveaux néo-zélandais vers l’Australie. Une forme de désertion, pour certains.
Depuis 2023, l’archipel connaît une vague de départs inédite : 205 000 Kiwis ont quitté le pays, selon l’agence gouvernementale Statistics New Zealand, sur une population de 5,3 millions d’habitants, et plus de la moitié a opté pour l’île-continent voisine. « L’atmosphère en Nouvelle-Zélande est actuellement très sombre. La population est déprimée par la situation économique et par l’accumulation de problèmes, qu’il s’agisse des inégalités, de la pauvreté, de la crise du logement ou même les catastrophes naturelles », résume le politologue Bryce Edwards.
Il vous reste 75.38% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.


