Alfredo Bryce Echenique à Paris, en janvier 1999.

A la mort de Mario Vargas Llosa (1936-2025), il fut répété que l’on enterrait « le dernier des géants » de la littérature sud-américaine. Son ami et compatriote Alfredo Bryce Echenique était pourtant encore en vie et méritait le titre de « géant ». Le monde hispanophone considérait comme tel cet écrivain capable d’une virtuosité langagière pas moins époustouflante que sa férocité et son talent pour « exagérer » le réel afin d’en condamner le scandale par le rire. L’auteur d’Une infinie tristesse (éditions Métailié, 2015) est mort à Lima, mardi 10 mars. Il avait 87 ans.

Il voit le jour le 19 février 1939 dans la capitale péruvienne et dans une famille de la grande bourgeoisie – son père est banquier – dont les aïeux comptent le dernier vice-roi du pays. Sa mère est une lectrice passionnée de Marcel Proust, qui lui donne Marcelo pour deuxième prénom et lui fait suivre des cours particuliers de français. Une fois écrivain, il racontera la haute société dont il est issu dans son premier roman, Julius paru en 1970, puis en 1973 en France aux éditions Calmann-Lévy (récompensé en France par le prix du meilleur livre étranger et republié en 2001 chez Métailié sous le titre Un monde pour Julius). Au milieu d’adultes préoccupés de leurs mondanités, parties de golf et voyages en Europe, seul un petit garçon aux grandes oreilles a la lucidité de percevoir les inégalités sur lesquelles repose le mode de vie de ces privilégiés.

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