Le bédéaste Clément Oubrerie, à Saint-Malo, le 29 octobre 2017.

La scène est extraite de Voltaire amoureux, paru aux Arènes en 2017. Le philosophe enterre son père, François Arouet, avec lequel les rapports sont détestables. « Il est bien clair que nous serons après notre mort ce que nous étions avant de naître », lance-t-il, dissertant sur la vanité de l’existence. Rien de plus faux en ce qui concerne Clément Oubrerie, dessinateur de bandes dessinées, mort le 1er mars à l’âge de 59 ans, emporté par la maladie de Charcot. Outre ses deux livres consacrés aux amours du penseur des Lumières, il laisse à la postérité une cinquantaine de romans illustrés et une trentaine d’albums, parmi lesquels sa série à succès Aya de Yopougon, réalisée avec Marguerite Abouet, sa première épouse (huit tomes traduits en dix-sept langues, plus de 800 000 exemplaires vendus).

Né en 1966, fils de l’architecte José Oubrerie (1932-2024), un proche de Le Corbusier, Clément Oubrerie étudie à l’Ecole supérieure d’arts graphiques Penninghen. A la suite d’un dépit amoureux, il interrompt son cursus et s’envole vers les Etats-Unis, où s’est établi son père, et vivote en travaillant dans un café new-yorkais. C’est là qu’il publie ses premiers livres, destinés à la jeunesse. Ces travaux témoignent déjà de son trait léger, poétique, de ses larges perspectives et de sa maîtrise de la couleur. De retour en France, il rencontre, lors d’un dîner avec des amis, Marguerite Abouet, une assistante juridique d’origine ivoirienne, qui a grandi à Yopougon, un quartier populaire d’Abidjan.

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