Le nombre de vues des médias 100 % vidéo a beau grimper, leurs finances ne suivent pas nécessairement le même chemin. Le pure player Neo, le concurrent conservateur de Brut – un qualificatif refusé par ses fondateurs, qui préfèrent « populaire et local » –, a traversé une période de turbulence en 2025. L’entreprise, qui réunit désormais Neo et son pendant féminin, Lou, a été confrontée au repli des investissements dans la publicité : un problème alors que la société est très dépendante des revenus dégagés par le brand content (« contenu de marque »), dont elle tire la très grande majorité de ses près de 3 millions d’euros de chiffre d’affaires. Au fil des trimestres, la trésorerie s’est creusée de manière alarmante, et la société a frôlé les 200 000 euros de pertes fin 2025.
Constatant l’ampleur de cette situation financière structurellement déséquilibrée, la direction de l’entreprise a annoncé, fin septembre 2025, la mise en place d’un plan de licenciements économiques visant quatre des huit journalistes titulaires de la rédaction et d’un monteur. Leur départ a eu lieu en fin d’année. Désormais, la rédaction de Neo est constituée de trois rédacteurs en chef adjoints, d’un journaliste titulaire, de pigistes, de trois alternants et d’un stagiaire. A la même période, la trentaine de collaborateurs (qui comprend aussi des commerciaux) a changé de quartier dans Paris, la direction choisissant d’opter pour des locaux moins dispendieux.
« Cela nous permet d’être plus en phase avec la cyclicité qui est inhérente à notre modèle économique », affirme Anne-Henri de Gestas, un des cofondateurs de Neo. Sans contester les difficultés financières traversées, certains des partants estiment que le plan de licenciements a aussi permis aux dirigeants de pousser vers la sortie ceux qui avaient tendance à exprimer leurs désaccords éditoriaux avec une direction portant une vision nostalgique d’une France des terroirs. D’autant que ces départs faisaient déjà suite au limogeage d’un rédacteur en chef et de son adjoint début 2025, vus par d’anciens salariés comme étant en mesure de rééquilibrer le contenu éditorial. Depuis septembre 2025, Anne-Henri de Gestas est officiellement devenu directeur des rédactions de Neo et Lou, nouvelle preuve, selon leurs contempteurs, d’une mainmise éditoriale assumée de la direction.
Il vous reste 39.61% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.


