C’est un refus clair et ferme qu’a énoncé le premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, le 6 mars. « La position du gouvernement espagnol peut se résumer en quatre mots : non à la guerre », a-t-il déclaré, refusant aux Etats-Unis l’utilisation des bases militaires communes aux deux pays de Rota (Cadix) et Moron (Séville) pour attaquer l’Iran.

Cette position fait écho au précédent « non à la guerre », slogan qui avait mobilisé, en 2003, la gauche espagnole, lors du conflit en Irak ouvert par Georges Bush et auquel s’était associé le gouvernement conservateur du Parti populaire espagnol. Le slogan avait mobilisé la gauche espagnole et plus de 3 millions de personnes étaient descendues dans la rue.

Pedro Sanchez a motivé son refus par le respect du droit international, que les Etats-Unis, ceux-là mêmes qui en avaient fait le fondement du système international depuis 1919, méprisent aujourd’hui, comme en 2003. Ses prises de position s’inscrivent plus largement dans l’histoire d’un rejet de l’impérialisme américain, dont l’origine lointaine remonte à la guerre de Cuba, en 1898, entre l’Espagne et les Etats-Unis. La victoire américaine avait certes mis fin à l’Empire espagnol, mais aussi favorisé l’essor de l’impérialisme des Etats-Unis.

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La fermeté de l’Espagne contraste avec l’attitude de la France, qui semble mieux s’accommoder aujourd’hui des attaques américano-israéliennes, alors qu’en 2003 elle avait pris position avec vigueur contre la décision d’une intervention militaire en Irak sans l’aval du Conseil de sécurité de l’ONU. L’attitude espagnole diverge aussi de la réserve prudente adoptée par l’Allemagne depuis le déclenchement des attaques contre l’Iran.

Intégration diplomatique

De telles différences peuvent alimenter un discours convenu sur le manque d’unanimité des Vingt-Sept, qui fragiliserait leur capacité d’action internationale. Elles ne devraient pourtant pas étonner, car elles s’inscrivent dans l’histoire longue de l’intégration diplomatique engagée par l’Europe depuis les années 1970.

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