Un maire de droite fait-il dans sa commune des choix culturels différents d’un maire de gauche ? Oui, bien sûr, plaident les édiles de tout bord et ceux qui rêvent de prendre leur place. Un œil dans le rétroviseur et un autre sur les programmes des grandes villes, avant le scrutin municipal du 22 mars, réserve pourtant des surprises.

D’abord, quand un maire fraîchement élu entre dans son bureau, de 80 % à 90 % de l’argent qu’il a à dépenser pour la culture est déjà fléché vers les solides institutions en place : médiathèque, musée, salle de spectacle, théâtre, opéra, orchestre, chorale, école de musique, cinéma municipal, maison des jeunes et de la culture. Et, à moins d’aimer les psychodrames, un maire, quelle que soit son étiquette, ne touche pas à ce montage. Il est arrivé qu’il grignote un peu d’argent ici pour le redonner là, mais sans vraiment toucher au paysage.

Aucun maire, quel que soit son parti, n’a jusque-là décidé de rayer de grosses subventions culturelles, comme ont pu le faire récemment des patrons de régions ou de départements. Il est vrai que la culture ne pèse pas grand-chose dans ces deux collectivités alors que le « bloc communal » (ville, métropole) est, de loin, le premier financeur de la culture en France.

Certains étaient persuadés que l’écologiste Pierre Hurmic, en prenant Bordeaux en 2020, allait régler son compte à l’opéra. Celui-ci dévore près de la moitié du budget culturel de la ville, alors que l’art lyrique ne touche qu’une partie infime de la population. Eh bien non. Car qu’aurait-il fait du Grand Théâtre, classé monument historique, des artisans qui y travaillent, de l’orchestre, du ballet, du chœur ? Les autres maires écologistes, à Lyon, à Strasbourg ou à Poitiers, n’ont pas plus renversé la table culturelle.

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