Le nouveau système franco-italien de défense antiaérienne SAMP-T, que l’Ukraine va recevoir cette année, selon le président Volodymyr Zelensky, est conçu pour contrer les missiles balistiques et se présente comme une alternative au Patriot américain.
« Nous verrons si les nouveaux systèmes SAMP-T sont capables d’intercepter des missiles balistiques. Nous recevrons un système cette année que nous testerons contre des menaces balistiques », a déclaré le président ukrainien à un groupe de journalistes dont l’Agence France-Presse, deux jours après une rencontre avec son homologue français à Paris.
Ce système – baptisé SAMP-T NG pour sol-air moyenne portée terrestre nouvelle génération – doit entrer en service dans l’armée française en 2027 et Paris doit se doter de huit exemplaires, selon un rapport budgétaire gouvernemental. Il a une portée de détection supérieure à 350 kilomètres et d’interception de la cible à 150 kilomètres.
Comme son prédécesseur, le SAMP-T, il est le fruit d’un partenariat entre la France et l’Italie, mené par le consortium Eurosam regroupant les branches italienne et française du fabricant de missiles MBDA ainsi que Thales, le groupe d’électronique et de défense français.
Le SAMP-T, entré en service en 2010 et dont un exemplaire a été cédé à l’Ukraine, a été conçu pour intercepter des avions, des drones et peut traiter des « cibles balistiques rustiques », selon le rapport budgétaire.
En mars 2024, la frégate française de défense aérienne Alsace avait ainsi abattu en mer Rouge trois missiles balistiques tirés par les rebelles yéménites houthistes.
En plus de ces capacités, le SAMP-T de nouvelle génération est conçu pour détruire des missiles balistiques et missiles hypersoniques manœuvrants.
« Face à un Iskander qui manœuvre à pleine capacité, le système SAMP-T n’est pas capable de l’intercepter ; en revanche, le SAMP-T NG, lui, en sera capable », expliquait récemment une source industrielle impliquée dans le programme à propos du missile balistique russe, capable de manœuvres en forme de rebond au cours de sa descente.
Il utilise pour cela un nouveau radar, le Ground Fire, et le missile Aster 30 B1NT (nouvelle technologie), actuellement en phase de tests, qui peut atteindre une cible volant à 25 000 mètres d’altitude.
L’objectif du missile, « c’est de faire un impact direct, au niveau de la pointe du missile balistique, pour détruire la charge » explosive qu’il emporte, « on vise le “hit-to kill” [destruction par collision], mais il y a une charge militaire qui détonne à proximité immédiate » de la menace s’il la rate, selon la source industrielle.
Outre la France et l’Italie, le Danemark a décidé d’acquérir le SAMP-T NG, quand son prédécesseur n’avait jamais trouvé preneur à l’export.
Selon Volodymyr Zelensky, dès que le système « commencera à intercepter des missiles balistiques, la file d’attente [de clients potentiels] se formera ». « Et, bien sûr, Emmanuel [Macron] et moi sommes convenus que l’Ukraine sera la première sur la liste », a-t-il expliqué.

