L’entretien, à l’hôtel King David de Jérusalem, aura duré plus de deux heures trente, sans politesse superflue ni incident majeur. Une petite victoire, pense-t-on à Paris. Ce long tête-à-tête, qui s’est tenu le 20 mars, entre le ministre des affaires étrangères français, Jean-Noël Barrot, et son homologue israélien, Gideon Saar, est alors compris par le Quai d’Orsay comme une première étape, cruciale, visant à retisser le lien diplomatique abîmé entre les deux pays après la décision de la France de reconnaître, à l’été 2025, l’Etat palestinien ; un geste vécu comme une offense par le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou. Le ministre français reste prudent dans les termes qu’il emploie pour ne pas braquer l’Etat hébreu et amener, peu à peu, Israël à entendre l’effroi de la France sur la situation au Liban. En vain.
Dix jours après cette visite, la position d’Israël s’est, au contraire, durcie, donnant à la manœuvre diplomatique française les allures d’une humiliation. Ignorant les appels de Paris, et de quelques alliés européens, l’incursion terrestre de l’armée israélienne au Liban du Sud se poursuit, plongeant le pays dans le chaos, depuis l’entrée en guerre du Hezbollah libanais, soutien de Téhéran, le 2 mars, trois jours après le déclenchement de la guerre israélo-américaine contre l’Iran. « A la fin de cette opération, l’armée s’installera dans une zone de sécurité à l’intérieur du Liban », a prévenu mardi 31 mars le ministre de la défense, Israel Katz, tandis qu’Israël continue de frapper le mouvement chiite, sans épargner les civils. Selon une source sécuritaire de l’ONU citée par l’Agence France-Presse, le casque bleu tué dimanche dans le sud du Liban aurait été victime de tirs israéliens.
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