Un employé pousse une caisse de charges dans la zone d’emballage d’une ligne de production de charges modulaires de 155 mm, à l’usine Eurenco de Bergerac, le 11 avril 2024.

« Une spectaculaire renaissance », « un carton plein », « une croissance explosive » : la presse n’a pas de superlatif assez fort pour raconter le revirement connu par le fabricant d’explosif et de poudre à canon Eurenco depuis le début de la guerre en Ukraine, en février 2022.

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Pour le mesurer, il suffit de se plonger dans les comptes de l’entreprise (détenue à 100 % par l’Etat). Chiffre d’affaires pour 2019 ? 103 millions d’euros. Pour 2024 ? Il triple, à 335,7 millions. Aucun chiffre consolidé n’est encore certifié pour l’année 2025, mais, selon Le Figaro et L’Usine nouvelle, qui ont interrogé le PDG, Thierry Francou, il pourrait s’élever à 560 millions d’euros et doubler encore « pour atteindre 1 milliard d’euros avant 2030 », grâce à un carnet de commandes « valorisé à près de 3 milliards d’euros » fin 2025. Quant aux bénéfices, ils ont été multipliés par dix entre 2018 et 2024, à 76,3 millions d’euros.

Les salaires n’ont pas suivi la même trajectoire, constatent la CGT et FO. Les syndicats mènent, depuis le 20 janvier, un mouvement de grève reconductible sur les deux sites français, à Sorgues (Vaucluse) et à Bergerac (Dordogne), qui emploient un millier de salariés, avec un appel à la mobilisation par semaine. Le dernier courait de mardi 17 février 20 heures à jeudi 19 février 4 heures du matin pour couvrir toutes les équipes – la production est organisée en « 5 × 8 ».

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