
Ibtissame Lachgar sortira-t-elle de prison dans quelques jours ? C’est ce qu’espèrent ses avocates, alors que la militante féministe a déposé une demande de grâce « humanitaire » auprès de Mohammed VI. Le roi du Maroc ayant pour habitude d’annuler les peines de nombreux prisonniers à l’occasion de l’Aïd-el-Fitr, marquant chaque année la fin du ramadan, l’entourage de la détenue veut croire que la fête, samedi 21 mars, sera synonyme de libération pour l’activiste de 50 ans.
Interpellée en août 2025, puis placée en détention provisoire, Ibtissame Lachgar, surnommée « Betty », a été condamnée en appel, en octobre, à deux ans et demi de prison pour « offense à l’islam ». La justice marocaine lui reproche d’avoir publié sur X une image d’elle vêtue d’un tee-shirt où était écrit « Allah is lesbian ».
Se définissant comme « athée » dans un pays qui ne reconnaît pas la liberté de conscience, cette adepte de la « désobéissance civile » a lancé le Mouvement alternatif pour la défense des libertés individuelles, en 2009, avec Zineb El Rhazoui, future collaboratrice de Charlie Hebdo. Elle prône « un féminisme universaliste et laïque » et s’est fait connaître à travers des actions coup de poing pour la dépénalisation de l’avortement et des relations homosexuelles ou hors mariage, ou encore le droit à ne pas jeûner en public pendant le ramadan.
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