Harvey Weinstein au tribunal, à New York, le 4 mars 2026.

L’ancien producteur américain de cinéma Harvey Weinstein, incarcéré pour viol et agression sexuelle, a dépeint sa vie en prison comme « un enfer », dans une interview publiée mardi 10 mars, par Hollywood Reporter, où il continue de clamer son innocence.

L’ex-roi déchu d’Hollywood décrit une vie confinée à sa cellule dans la prison de Rikers Island à New York, où seuls les gardes et les infirmières lui tiennent compagnie. « Parfois, je sors en fauteuil roulant pour prendre l’air, mais ça ne dure qu’une demi-heure. La plupart du temps, je suis enfermé dans ma cellule vingt-trois heures par jour », a-t-il expliqué.

« Il est trop dangereux pour moi d’être en présence d’autres personnes. Les détenus ont le droit d’aller dans la cour. Mais chaque fois que je m’y trouve, j’ai l’impression d’être assiégé », a-t-il aussi relaté. Harvey Weinstein a raconté avoir reçu « un violent coup de poing au visage », de la part d’un détenu à qui il demandait s’il avait terminé sa conversation au téléphone. « Les flics m’ont demandé qui m’avait fait ça, mais je n’ai rien pu dire. On ne peut pas balancer. C’est la loi de la jungle », a-t-il ajouté.

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Affaibli par divers problèmes de santé à 73 ans, le fondateur des studios Miramax se dit terrifié à l’idée de mourir en prison. « Ça me fout une trouille bleue, confie-t-il. C’est incroyable d’avoir eu la vie que j’ai eue et d’avoir fait tout ce que j’ai fait pour la société, et de ne pas bénéficier d’une certaine clémence qui me permettrait d’être traité avec plus de bienveillance. »

Pouvoir sur des carrières

L’ex-producteur oscarisé, derrière des dizaines de succès hollywoodiens comme Shakespeare in Love et Pulp Fiction, a été l’un des hommes les plus puissants du cinéma mondial pendant des décennies. Il avait le pouvoir de lancer des carrières – et d’en détruire.

Le milieu a bruissé pendant des années d’échos suggérant qu’il usait de son influence pour agresser sexuellement des jeunes femmes. Les enquêtes en octobre 2017 du New York Times et du New Yorker révélant l’étendue de ce scandale ont provoqué une onde de choc qui a propulsé le mouvement #MeToo en phénomène planétaire, libérant la parole des victimes de viol aux quatre coins du monde.

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Harvey Weinstein a été accusé de harcèlement, d’agression sexuelle ou de viol, par plus de 80 femmes, dont les actrices Angelina Jolie, Gwyneth Paltrow ou Ashley Judd.

Sa condamnation initiale en 2020 à New York, et la peine de vingt-trois ans de prison qui en a résulté, ont été annulées, mais lors d’un nouveau procès, en juin 2025, il a été reconnu coupable d’agression sexuelle sur l’ancienne assistante de production Miriam Haley. En 2023, un tribunal californien l’a condamné séparément pour viol à seize ans de prison.

Malgré ces verdicts, Harvey Weinstein continue de contester sa culpabilité et parle de rapports consentis. « Je serai innocenté. Je vous le promets », a-t-il avancé, alors qu’il doit être rejugé en avril pour l’agression de l’aspirante actrice Jessica Mann.

Le Monde avec AFP

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