Ce devait être la consécration de son deuxième mandat et demi. Cela a été le tombeau de ses ambitions. Le maire sortant de Montargis, Benoît Digeon, affilié au parti Les Républicains, héritier de la mairie en tant que premier adjoint en 2018 puis élu en 2020, avait fait du programme Action cœur de ville, son cheval de bataille. C’est une des raisons de sa défaite avec 32,26 % des voix, le 22 mars, face à Côme Dunis (34,64 %), du Rassemblement national (RN), dans une triangulaire serrée.
Action cœur de ville a été créé en même temps que Benoît Digeon est devenu maire de Montargis. Il s’agit d’un vaste chantier, lancé en 2018 à l’échelle nationale, visant à aider et accompagner les communes moyennes à se revitaliser. Cinq axes principaux ont été définis : « Proposer une offre attractive d’habitat en centre-ville ; favoriser un développement économique et commercial équilibré ; développer l’accessibilité et les mobilités ; aménager l’espace urbain et mettre en valeur le patrimoine architectural et paysager ; constituer un socle de services publics dans chaque ville ». Typiquement les maux dont souffre, depuis plusieurs décennies, Montargis, frappée par le chômage, la paupérisation, une désertion de son centre-ville, un habitat dégradé et des services publics engorgés. Piloté par l’Agence nationale de la cohésion des territoires et doté d’aides d’Etat, il concerne 244 communes de taille moyenne dans l’Hexagone et en Outre-mer.
A Montargis, le programme vise plusieurs actions, mais la plus emblématique et visible de toutes est la réhabilitation de la rue du Général-Leclerc, une artère étroite, perpendiculaire à la rue Dorée, le poumon économique du centre-ville. Elle longe la sévère et belle église gothique Sainte-Madeleine, se prolonge jusqu’au tribunal judiciaire, installé dans l’ancien couvent des Visitandines (Ordre de la visitation de Sainte-Marie) transformé en prison après la Révolution, et termine sa course au pied du château. C’est l’axe historique du Montargis médiéval.
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