La scène est banale, fidèle au protocole. Deux policiers se présentent à la maison d’arrêt de Villepinte (Seine-Saint-Denis), samedi 7 mars, en milieu d’après-midi. Ils exhibent des réquisitions, dûment tamponnées et signées d’un magistrat, afin d’extraire un détenu pour une garde à vue, procèdent aux fouilles et palpations d’usage, et quittent les lieux en escortant le prisonnier.
Le jeune homme que les agents accompagnent se nomme Ilyas Kherbouch. Agé de 20 ans, il est multicondamné, notamment pour des vols et des braquages. Mais les « policiers » étaient des comparses déguisés, leurs réquisitions des faux. En quelques minutes, en douceur, sans violence, la mission d’évasion est accomplie. La supercherie ne sera découverte que deux jours plus tard, le lundi 9 mars. Mardi 10 mars au soir, le fugitif n’avait toujours pas été retrouvé.
Cette affaire, révélée par le Parisien, puis confirmée au Monde de sources concordantes, est désormais entre les mains de la juridiction interrégionale spécialisée de Paris, qui a ouvert une enquête pour « évasion en bande organisée ». Elle met en lumière les failles des services pénitentiaires et notamment des services des greffes, bernés samedi par un document falsifié et deux uniformes.
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