Une installation de l’entreprise canadienne spécialisée dans l’extraction, la transformation et la distribution de pétrole, Syncrude, près de Fort McMurray (Alberta, Canada), le 24 novembre 2025.

La fermeture du détroit d’Ormuz, passage névralgique par lequel transite près de 20 % du pétrole de la planète, crée un vide de 20 millions de barils par jour. Face à ce choc, les regards se tournent vers le Canada : éloignée des zones de conflit, la quatrième puissance pétrolière mondiale semble une candidate naturelle pour compenser le déficit. Mais entre l’image véhiculée par Ottawa de « superpuissance énergétique » et la réalité des infrastructures, l’écart est considérable.

Sur le papier, pour l’Europe ou l’Asie, l’or noir canadien n’est pas avare d’atouts. Il échappe aux routes maritimes du Moyen-Orient et provient d’un pays démocratique. Mais son enclavement reste un handicap majeur. La quasi-totalité des installations du pays sont conçues pour alimenter le marché des Etats-Unis. Faute d’accès direct suffisant aux terminaux maritimes, le baril canadien reste captif de cet unique client.

Au-delà du tracé des pipelines, les équipements existants se heurtent à des contraintes de capacité. La marge d’augmentation de la production canadienne pour compenser les perturbations au Moyen-Orient est restreinte, assure Tristan Goodman, PDG d’Explorers and Producers Association of Canada, une des principales associations du secteur pétrolier et gazier. « Le Canada pourrait probablement accroître sa production de pétrole d’environ 5 % en 2026, soit une hausse d’environ 300 000 à 400 000 barils par jour. Cela permettrait d’apporter un certain soutien à l’offre, mais rien de comparable à la quantité retirée de l’approvisionnement mondial en ce moment », estime-t-il.

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