A chaque élection municipale, des nouveaux élus sont attendus au tournant. En 2020, les maires écologistes étaient scrutés comme jamais. En 2026, les élus locaux de La France insoumise (LFI) concentrent l’attention. Comment géreront-ils les villes ? Comment s’installeront-ils dans des oppositions où ils ont parfois beaucoup progressé numériquement ? Ce week-end, les premiers conseils municipaux fournissaient de premières réponses. Maires flegmatiques dans certaines villes, opposants acharnés dans d’autres, les élus « insoumis » incarnent, avec plus ou moins de distance, la ligne nationale du parti.
A La Courneuve (Seine-Saint-Denis), samedi 28 mars dans la matinée, la salle des mariages était pleine pour l’élection du nouveau maire, Aly Diouara, par ailleurs député « insoumis » de Seine-Saint-Denis, à l’issue d’une âpre campagne. Ni huées ni invectives, mais un rite républicain d’une grande solennité, rythmé par les hourras de familles fières de voir leurs enfants passer des écharpes tricolores. M. Diouara a fait applaudir le maire sortant communiste Gilles Poux saluant le « travail accompli ». Ce dernier s’était déjà éclipsé, mettant fin à trente années de mandat, après avoir embrassé une dernière fois ses anciens adjoints.
« Il ne s’agit pas de faire table rase du passé », a dit le nouvel édile avant de promettre « un cap » et « des méthodes différentes ». Nadia Chahboune, candidate citoyenne qui menait la liste investie par le Parti communiste français (PCF) et a fusionné avec LFI dans l’entre-deux tours, a promis loyauté mais aussi « exigence » à son nouvel allié. Seul l’opposant socialiste Oumarou Doucouré a regretté une campagne « brutalisée », marquée notamment par les accusations de clientélisme portées par M. Diouara, qui ont valu à ce dernier une condamnation pour diffamation, le 9 mars.
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