Un colloque sur « la souveraineté française en question en Océanie », réunissant des experts internationaux, du 9 au 11 mars à l’université de la Polynésie française, située à Punaauia, à Tahiti, a déclenché une controverse. Quinze chercheurs, liés à différentes institutions comme le CNRS ou l’université de Wellington en Nouvelle-Zélande, et pour certains réputés proches des thèses indépendantistes, ont cosigné un texte pour dénoncer « une restriction sérieuse aux libertés académiques », face au huis clos qui s’est imposé pour cette réunion.
Selon eux, le huis clos a été décidé, « à la demande de l’Etat », ce qui revient à « restreindre l’accès à un colloque académique consacré à un sujet d’intérêt public majeur et revient à porter atteinte à ce principe fondamental » qu’est « la liberté académique ». Parmi les signataires figurent Camille Mazé-Lambrechts (chaire outre-mer et changements globaux de sciences-po Paris), Fred Constant (université des Antilles), Adrian Muckle (université de Wellington), Isabelle Merle (centre de recherche et de documentation sur l’Océanie, CNRS), ou Mathias Chauchat (université de la Nouvelle-Calédonie).
« Si l’Etat, aujourd’hui, en 2026, se sent mis en danger par un colloque universitaire, c’est que quelque chose ne va pas dans notre système républicain », a pour sa part déclaré le président indépendantiste de la Polynésie française, Moetai Brotherson, en ouvrant le colloque, lundi, à Papeete. « Le cadre de cette rencontre (…), pour des raisons que je ne m’expliquerais pas, en 2026, au sein de la République française, nous interroge, au regard de cette vocation de l’université. »
Un moment sensible
Le sujet a aussi fait réagir la députée polynésienne Mereana Reid Arbelot (groupe Gauche démocrate et républicaine), proche de Moetai Brotherson. Dans une lettre au président Emmanuel Macron, elle dénonce elle aussi « une atteinte à la liberté académique » et affirme que le huis clos « a été imposé aux organisateurs, par l’Etat ».
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