LETTRE DE ROME

Dans la mémoire de l’Italie de l’après-guerre, une blessure mal cicatrisée demeure, consécutive à une période que beaucoup, encore, ont vécue et qui continue d’être abondamment imaginée par les autres. Les « années de plomb », avec leurs attentats sanglants et leurs machinations politiques, de la fin des années 1960 au début des années 1980, hantent toujours l’Italie. Si journalistes, écrivains, historiens, cinéastes et artistes n’en finissent pas de les raconter, ils semblent à jamais semés par une vérité en fuite. Le succès du film L’Art du faux (Il Falsario), sur Netflix, est la dernière contribution en date à un récit forcément incomplet, constitué de traces, d’hypothèses, de mensonges.
Le long-métrage réalisé par Stefano Lodovichi, qui s’est maintenu en tête du classement des œuvres les plus regardées sur la plateforme pendant plusieurs semaines dans le pays, raconte l’histoire romancée d’un personnage ayant réellement existé, Antonio Chichiarelli, dans la Rome intranquille de la fin des années 1970. Tout juste arrivé de ses Abruzzes natales, ce jeune faussaire à l’esprit aventureux reproduit des peintures de grands maîtres pour un marché de l’art parallèle dont les ramifications l’amènent à fréquenter un univers interlope.
Il vous reste 73.35% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.


