Des corps posés sur le sol du centre médico-légal de Kahrizak, en Iran. Capture vidéo réalisée le 14 janvier 2026 à partir d’images publiées sur les réseaux sociaux le 13 janvier 2026.

Au lendemain de la « guerre de douze jours », qui l’a opposé, en juin 2025, à Israël puis aux Etats-Unis, le régime iranien avait surpris en relâchant enfin ostensiblement la pression sur la question du port obligatoire du hijab, retirant sa police des mœurs des rues. Une inflexion inattendue, tant ce symbole constitue l’une des clés de voûte idéologiques du système et l’un de ses marqueurs les plus visibles de contrôle social. Aujourd’hui, pourtant, le monde découvre avec stupeur une répression d’une violence inédite menée par Téhéran contre les manifestants. Que s’est-il réellement passé pour expliquer ce durcissement radical ? Selon l’ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), au moins 2 677 personnes ont été tuées, et 1 693 cas sont encore en cours d’examen. Ce bilan, probablement sous-estimé, dépasse largement celui des précédentes vagues de contestation en Iran.

Le 28 décembre 2025, les commerçants du grand bazar de Téhéran et les agents de change, outrés par la chute brutale de la monnaie nationale, ferment leurs boutiques, se mettent en grève et appellent les autres commerçants du pays à les imiter. Ils sont rapidement rejoints par d’autres secteurs : comme celui des travailleurs des transports, puis par les étudiants. Un peu plus de deux ans après le soulèvement Femme, vie, liberté consécutif à la mort de Mahsa Amini à la suite de son arrestation par la police des mœurs pour une apparence jugée « pas assez islamique », les autorités sont à nouveau défiées. Cette fois, les couches défavorisées et paupérisées de la société se joignent au mouvement, qui se répand dans tout le pays.

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