Les failles apparaissent déjà. A Gaza, puis en Iran, les ambitions de Benyamin Nétanyahou et celles de Donald Trump ne se confondent pas. Les moyens peuvent se coordonner ; mais les intentions divergent. D’un côté, le premier ministre israélien cherche à réaffirmer la dissuasion, à démontrer sa force et à préserver sa survie politique intérieure. De l’autre, les Etats-Unis raisonnent en termes de rivalité avec la Chine, de crédibilité internationale, de prix de l’énergie, et de calculs électoraux. Pendant que Tsahal [l’armée israélienne] frappe, Washington négocie secrètement.

Lorsque les objectifs divergent, la guerre cesse de servir un dessein commun et devient le théâtre d’agendas parallèles. Ces failles se lisent aussi à Gaza, où l’« après » demeure un angle mort. Qui gouverne ? Avec quel mandat ? Sous quelle garantie régionale ou internationale ? Quelles garanties de sécurité pour Israël ? Quel horizon pour une population déplacée et traumatisée ? Tant que ces questions restent sans réponse, la guerre administre le chaos sans rien résoudre.

Le coût humain est le plus irréparable. Les cycles de violence accumulent morts, blessés, traumatismes, amputations, deuils impossibles, sociétés disloquées. En quelques semaines, des centaines de milliers de personnes peuvent perdre logement, école, travail et repères. Derrière les bilans, il y a des vies suspendues, des enfances brisées, des parents démunis, des jeunes qui grandissent avec l’idée que seule la force compte. Le manque de perspective installe la peur, détruit le tissu social, nourrit le ressentiment et transmet à la génération suivante les conditions mêmes de l’instabilité. Une guerre sans horizon fabrique déjà les victimes de demain.

Un conflit dans la zone énergétique la plus sensible du globe agit comme un multiplicateur de risques : tension sur les cours du pétrole, hausse des primes d’assurance, renchérissement du transport, volatilité des marchés.

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