
La guerre en Iran et au Proche-Orient, qui s’étend jusqu’aux proches frontières de l’Inde, met à rude épreuve la stratégie de Narendra Modi. Le premier ministre indien, qui avait effectué une visite en Israël les 25 et 26 février, quarante-huit heures avant le déclenchement des hostilités contre l’Iran, s’est refusé à condamner l’attaque américano-israélienne et la mort de l’ayatollah Khamenei, se contentant d’appeler à la paix et au dialogue, tout en critiquant les représailles iraniennes dans la région.
L’Inde n’a pas non plus dit un mot sur le torpillage par les Américains, dans l’océan Indien, au large du Sri Lanka, d’un navire de guerre iranien qui revenait d’un exercice militaire avec la marine indienne.
Malgré les appels de l’opposition à déposer une protestation diplomatique, le gouvernement indien s’est muré dans le silence. « La crédibilité de l’Inde en tant que partenaire de confiance est désormais en lambeaux », écrit le site d’information indépendant The Wire. « La doctrine Modi en matière de politique étrangère a rendu l’Inde complice du démantèlement de l’ordre mondial fondé sur des règles, nous pousse vers la vassalité et compromet nos intérêts stratégiques », pourfendent, dans le quotidien The Indian Express, Salman Khurshid, ancien ministre des affaires étrangères du gouvernement indien (2012-2014), et Pushparaj Deshpande, directeur de la fondation progressiste Samruddha Bharat. La guerre en Iran tourne à la crise politique en Inde.
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