Un prêtre officiant à Libourne (Gironde) a été mis en examen, jeudi 15 janvier, pour détention d’image pédopornographique et placé sous le statut intermédiaire de témoin assisté pour viol sur mineur, a appris l’Agence France-Presse, vendredi 16 janvier, auprès du parquet et de l’archevêché, qui a pris des « mesures conservatoires ».
Ce religieux, âgé de 40 ans, a été placé en garde à vue jeudi, avant d’être présenté à un juge d’instruction, a précisé Loïs Raschel, procureur de la République à Libourne, confirmant des informations de l’hebdomadaire local Le Résistant. Le quadragénaire a été mis en examen pour « acquisition et détention d’image d’un mineur présentant un caractère pornographique », a ajouté jeudi soir le parquet dans un communiqué.
Selon une source proche de l’enquête, le mis en cause fréquentait des sites de rencontres homosexuelles, où il disait à ses interlocuteurs rechercher des images pédopornographiques. En garde à vue, il a seulement reconnu avoir été le destinataire d’une image.
Signalement au parquet
Ce prêtre, en contact régulier avec de jeunes fidèles, a aussi eu des « échanges extrêmement préoccupants » sur ces sites, en évoquant des faits de viol commis sur mineur, mais il a assuré devant les enquêteurs qu’il s’agissait de « fantasmes », ce que l’enquête devra établir, selon cette même source. Il a été placé sous le statut plus favorable de témoin assisté concernant ce volet du dossier.
« Mi-décembre, un prêtre du diocèse exerçant à Libourne est venu me voir pour me faire part d’un usage répréhensible d’Internet », a réagi vendredi dans un communiqué Jean-Paul James, archevêque de Bordeaux, expliquant avoir effectué un signalement au parquet. « J’ai aussitôt pris les mesures conservatoires à l’encontre de ce prêtre : éloignement de Libourne et interdiction d’être en contact avec des mineurs. A ce jour, il n’y a, à ma connaissance, aucune plainte qui n’ait été adressée au diocèse de Bordeaux ou à la justice. »
Placé sous contrôle judiciaire, le prêtre fait l’objet d’une interdiction de paraître à Libourne, d’une obligation de soins, d’une interdiction d’exercer une activité en lien avec des mineurs et d’une interdiction d’accéder aux sites Internet concernés, a précisé le parquet, rappelant que le quadragénaire « demeure présumé innocent à ce stade de la procédure ».


