
Entre un stand de crêpes et un étal de légumes dressés au cœur du marché de Lannion (Côtes-d’Armor), un trentenaire se tient face à Blanche Le Goffic, candidate du Rassemblement national (RN) en lice pour devenir maire de la ville. A quelques jours du premier tour de l’élection municipale, l’homme souffle : « Merci, courage et tenez bon ! » La militante d’extrême droite le remercie puis reprend sa distribution de tracts sous tension.
Quelques mètres derrière elle, trois musiciens lui emboîtent le pas en jouant du tuba et des percussions. Deux femmes déguisées en licorne agitent des pancartes hostiles. D’autres scandent des slogans contre l’extrême droite. Plus haut sur le marché, les équipes du socialiste Eric Robert, qui sera élu maire plus tard, distribuent des tracts dénonçant « les contrevérités du RN » sur l’insécurité et les finances locales.
Blanche Le Goffic savait que sa candidature détonnerait dans cette ville de 20 000 habitants tenue par la gauche depuis 1989. Lannion est un bastion rose comme il en existe beaucoup en Bretagne, région connue pour être la plus hermétique à l’extrême droite. Responsable régionale du Rassemblement de la jeunesse (RNJ), cette cavalière chevronnée de 19 ans savoure son statut de trouble-fête.
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