
En anglais, on pourrait dire d’Elene Usdin qu’elle est une late bloomer. Une expression qui suggère, en botanique, une éclosion tardive. Dans d’autres registres, elle désigne un talent qui a maturé plusieurs années avant de s’épanouir. Ce qui est son cas en matière de bande dessinée. L’artiste a attendu d’avoir 50 ans pour sortir son premier roman graphique, René·e aux bois dormants (Sarbacane) en 2021. Une sublime fable en forme de rêverie éveillée inspirée d’Alice au pays des merveilles, teintée d’écologie et de politique. Un choc esthétique.
Mais parler d’elle comme on évoquerait une débutante serait faire offense à sa carrière de photographe et d’illustratrice qui a précédé celle de bédéaste. Des activités au cours desquelles son regard aiguisé et son ton original ont su saisir les grands moments des défilés de mode ou mettre en avant des portraits de femmes sous la forme de collages décalés. Dans sa série Femmes d’intérieur, en 2010, la diplômée de l’Ecole nationale des arts décoratifs de Paris se servait par exemple du buste de l’écrivaine George Sand (1804-1876) comme dossier de chaise et lui greffait un barracuda en guise de bras.
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