
A horizon 2035, le système scolaire français comptera deux millions d’élèves de moins qu’en 2019. Cette nouvelle donne démographique place l’éducation nationale face à des choix majeurs quant aux conditions d’encadrement des élèves ou au maillage territorial d’écoles. Elle soulève également un enjeu rarement posé dans le débat public, et qui fait l’objet d’une note publiée mardi 3 mars par l’Institut des politiques publiques (IPP) : celui de l’équilibre entre les secteurs privé et public d’enseignement dans les grandes villes.
Cette étude, menée par les chercheurs Pauline Charousset et Julien Grenet, montre que, dans ces zones où le privé sous contrat est très implanté, « la baisse des effectifs tend à déséquilibrer la répartition des élèves » entre les deux secteurs au détriment du public. Une évolution qui, au regard du profil social des élèves recrutés par les établissements privés, renforcera la ségrégation sociale, si aucun mécanisme de régulation n’est mis en place, préviennent les auteurs.
Cette dynamique est particulièrement visible à Paris, la capitale étant aux avant-postes du déclin démographique. Le nombre de naissances y a chuté de 32 % entre 2010 et 2024, entraînant, avec quelques années de décalage, un net recul des effectifs scolaires. Le nombre d’élèves de CP a fondu de 19 % entre 2016 et 2024, et les entrées en 6e de 10 % entre 2020 et 2024. Cette diminution n’a cependant été absorbée que par le public, tandis que les effectifs du privé sous contrat sont restés relativement stables du fait de listes d’attente importantes à l’entrée de ces établissements et de leur possibilité de recruter en dehors de Paris.
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