
Un deuxième porte-avions américain va partir « très bientôt » pour le Moyen-Orient, a annoncé, vendredi 13 février, Donald Trump après avoir menacé l’Iran de conséquences « traumatisantes » en cas d’échec des négociations pour un règlement diplomatique de leurs tensions.
Le président américain avait brandi la menace d’une intervention militaire en Iran face à la répression des manifestations début janvier qui, selon des ONG de défense des droits humains, a fait des milliers de morts. Il a ensuite continué de menacer Téhéran pour pousser à un accord notamment sur le dossier nucléaire iranien.
Des négociations entre les deux pays ennemis ont repris il y a une semaine à Oman, mais leur poursuite demeure incertaine. « Il faut passer un accord, sinon ce sera très traumatisant » pour l’Iran, a encore averti jeudi M. Trump, qui avait qualifié les discussions du 6 février de « très bonnes ». Faute d’accord, il a dit qu’il passerait à la « phase deux », qui serait « très dure » pour les Iraniens. Il a rappelé le bombardement par les Etats-Unis de sites nucléaires iraniens lors de la « guerre de douze jours » déclenchée par Israël en juin 2025.
Après l’envoi en janvier dans le Golfe du porte-avions Abraham-Lincoln et de navires d’escorte, le président Trump a indiqué vendredi qu’un deuxième porte-avions, le Gerald-Ford, partirait « très bientôt » dans la région. La nature des cibles que Washington pourrait viser dans le cas d’une intervention n’est pas claire, pas plus que les intentions des Etats-Unis vis-à-vis des dirigeants iraniens.
Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, en visite jeudi à la Maison Blanche, a affirmé avoir fait part à M. Trump de son « scepticisme quant à la qualité de tout accord avec l’Iran ». Il a de nouveau plaidé pour la prise en compte des « besoins sécuritaires » de son pays, pour qui toute négociation irano-américaine doit inclure, outre le dossier nucléaire, les questions des missiles balistiques iraniens et le soutien de Téhéran aux groupes armés régionaux qui lui sont hostiles.
Nouvel appel du fils du chah déchu
Le secrétaire général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, a, lui, indiqué vendredi qu’un accord entre l’AIEA et Téhéran sur les inspections du programme nucléaire était « possible », mais « terriblement difficile ». L’Iran avait refusé en novembre 2025 que l’AIEA inspecte ses différents sites bombardés en juin.
Dans le même temps, le fils exilé du dernier chah d’Iran, Reza Pahlavi, qui vit aux Etats-Unis et n’a pas remis les pieds dans son pays natal depuis la Révolution islamique de 1979, a appelé à manifester samedi à Munich, à Toronto et à Los Angeles, pour réclamer une action internationale contre l’Iran. Dans un message publié sur le réseau social X, il a exhorté en outre les Iraniens de l’intérieur à s’associer à ces manifestations en scandant, samedi et dimanche, des slogans depuis leurs fenêtres et leurs toits.
Mardi à Téhéran, à la veille du 47e anniversaire de la Révolution islamique, des Iraniens avaient crié depuis leurs fenêtres des slogans contre le Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, selon des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux et vérifiées par l’Agence France-Presse (AFP).
Selon le groupe basé aux Etats-Unis Human Rights Activists News Agency (HRANA), au moins 7 005 personnes, la plupart des manifestants, ont été tuées lors des protestations, début janvier, et plus de 53 000 personnes ont été arrêtées depuis. Selon l’ONG Iran Human Rights (IHR), des centaines de personnes sont poursuivies pour des chefs d’accusation liés aux manifestations, qui pourraient aboutir à leur condamnation à mort.


