Donald Trump a bâti sa carrière politique sur le rejet des aventures militaires extérieures, coûteuses et sans fin. Il vient de précipiter les Etats-Unis et le Moyen Orient dans le vide. Délaissant la voie diplomatique, jugée sans perspective, le président américain a amorcé une guerre contre l’Iran à la durée imprévisible, au coût incertain, à la justification douteuse, à l’urgence inexistante. Dans un mélange d’hubris impérial, de certitude de la supériorité militaire américaine et de désir de remodeler définitivement le Moyen-Orient, il a choisi, samedi 28 février, de prendre le risque le plus conséquent de sa vie publique.
Donald Trump a enregistré une allocution de huit minutes dans la nuit, dans laquelle il a fixé un objectif à la vaste opération en cours, baptisée « Fureur épique », qui se déroulera par phases, en coordination avec Israël : « Défendre le peuple américain en éliminant les menaces imminentes posées par le régime iranien », qualifié de « sponsor d’Etat numéro 1 du terrorisme » et de « dictature radicale et vicieuse ». Mais le magnat n’a pas établi le caractère « imminent » de ces menaces, ni en quoi les Etats-Unis étaient directement concernés, aujourd’hui.
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