
Les Etats-Unis et l’Iran ont échangé, dans la nuit du samedi 21 au dimanche 22 mars, des menaces réciproques de frappes, en rapport à la situation dans le détroit d’Ormuz quasi fermé au trafic maritime en raison de son contrôle de facto exercé par Téhéran.
« Si l’Iran ne rouvre pas totalement, sans aucune menace, le détroit d’Ormuz dans les quarante-huit heures à compter de cet instant précis, les Etats-Unis d’Amérique frapperont et anéantiront ses différentes centrales électriques, en commençant par la plus grande », a d’abord écrit le président américain, Donald Trump, sur son réseau Truth Social.
L’armée iranienne a aussitôt répliqué qu’elle visera les infrastructures énergétiques et de dessalement dans la région si de telles attaques étaient mises en œuvre par Washington.
Ces derniers jours, les frappes ont redoublé d’intensité contre des installations énergétiques dans le Golfe, faisant s’envoler les prix des hydrocarbures. Le blocage par Téhéran du détroit d’Ormuz, voie commerciale cruciale pour l’approvisionnement mondial en carburant, aggrave cette flambée. Une vingtaine de pays – dont la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, les Emirats arabes unis ou encore le Japon – se sont de leur côté déclarés « prêts à contribuer aux efforts » nécessaires à la réouverture du détroit et ont condamné les récentes attaques iraniennes ayant visé des navires et des infrastructures pétrolières et gazières.
Par ailleurs, Téhéran a lancé, samedi, une double attaque dans le sud d’Israël. Si l’offensive lancée en soirée n’est pas la plus meurtrière, elle est cependant la plus spectaculaire depuis le début de la guerre par l’ampleur des dégâts causés.
Benyamin Nétanyahou reconnaît une « soirée difficile »
Un premier missile a d’abord visé une zone résidentielle de la ville de Dimona, à près de cinq kilomètres d’un centre de recherche nucléaire, une installation à des fins de recherche qui, d’après la presse étrangère, a été impliquée dans la production d’armes nucléaires au cours des dernières décennies. Cette attaque a fait 33 blessés. Des images de l’Agence France-Presse (AFP) sur le lieu de l’impact ont montré tout un pâté de maisons détruit. Autour d’un large cratère, la terre est retournée et les façades des immeubles alentours ont été en grande partie détruites.
Par ailleurs, au moins 88 personnes ont été blessées, dont dix grièvement, dans la frappe d’un autre missile iranien sur la ville d’Arad.
« C’est une soirée très difficile dans la bataille pour notre futur », a déclaré le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, dans un communiqué. « Nous sommes déterminés à continuer de frapper nos ennemis sur tous les fronts », a ajouté le chef du gouvernement.
L’Iran a revendiqué le premier tir de missile, sur Dimona, affirmant qu’il s’agissait d’une « réponse » à l’attaque « ennemie » contre le complexe nucléaire de Natanz, rapportée plus tôt par Téhéran. D’après l’Organisation iranienne de l’énergie atomique, « aucune fuite de matières radioactives n’a été signalée » sur ce site déjà frappé début mars.
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Après chacune de ces frappes, le directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, a appelé « à la retenue militaire maximale » afin d’éviter tout risque d’accident nucléaire. Le Kremlin, allié de longue date de l’Iran, a condamné des frappes « irresponsables » faisant peser « des risques réels de catastrophe à l’échelle de tout le Moyen-Orient ».
Dans la nuit, quelques heures après les deux attaques iraniennes, l’armée israélienne a dit mener des frappes contre le régime dans le centre de Téhéran. L’Etat hébreu a prévenu samedi que l’intensité des attaques en Iran allait « augmenter considérablement » dans les prochains jours. « Nous ne nous arrêterons pas tant que tous les objectifs de la guerre n’auront pas été atteints », a lancé Israël Katz, le ministre de la défense.


