Conférence sur la sécurité de Munich : Friedrich Merz appelle à « réparer » et à « raviver » la confiance transatlantique

S’exprimant à l’ouverture de la Conférence sur la sécurité de Munich, le chancelier allemand, Friedrich Merz, a affirmé que l’Europe devait reconnaître une nouvelle réalité stratégique marquée par « la politique de puissance », citant la guerre menée par la Russie en Ukraine et l’affirmation croissante de la Chine. « A l’ère des grandes puissances, notre liberté n’est plus acquise, elle est menacée », a-t-il déclaré, appelant à la « fermeté » et à des « sacrifices, pas un jour, mais maintenant ».

Le chancelier allemand, Friedrich Merz, lors de la Conférence sur la sécurité de Munich, en Allemagne, le 13 février 2026.

Face à cette évolution, M. Merz a plaidé pour un renforcement massif des capacités militaires européennes au sein de l’OTAN. L’Allemagne investira « des centaines de milliards d’euros » dans la défense dans les prochaines années, a-t-il assuré, réaffirmant l’objectif fixé par les membres de l’Aalliance de consacrer 5 % de leur PIB à la sécurité. Il a également promis de faire de la Bundeswehr « la plus forte armée conventionnelle d’Europe ».

Le chancelier a réaffirmé le soutien diplomatique, financier et militaire de Berlin à l’Ukraine « dans sa résistance courageuse à l’impérialisme russe », estimant que les pertes infligées à Moscou contribuent à créer les conditions d’une paix future.

M. Merz a également insisté sur la nécessité de renforcer la souveraineté européenne, notamment en matière industrielle, technologique et énergétique, et de bâtir un « pilier européen fort » au sein de l’OTAN, sans se substituer à l’Alliance. Le chancelier allemand a déclaré avoir « entamé des discussions confidentielles avec le président français au sujet de la dissuasion nucléaire européenne ». Emmanuel Macron, dont le pays est le seul en Europe, avec le Royaume-Uni, à être doté de la bombe atomique, doit prononcer un discours dans les prochaines semaines sur la doctrine de dissuasion nucléaire française.

Concernant les Etats-Unis, le chancelier a reconnu l’existence d’un fossé croissant entre les deux rives de l’Atlantique, tout en appelant à refonder le partenariat transatlantique sur une base plus équilibrée. « Ensemble, nous sommes plus forts », a-t-il déclaré, estimant que l’OTAN demeure un atout stratégique aussi bien pour l’Europe que pour Washington. « Réparons et ravivons ensemble la confiance transatlantique », a clamé en anglais Friedrich Merz, en direction des « amis américains » de l’Europe.

Enfin, M. Merz a plaidé pour le développement de partenariats globaux avec des pays comme le Canada, le Japon, l’Inde, le Brésil ou encore l’Afrique du Sud, afin de réduire les dépendances et défendre un ordre international fondé sur le droit et la coopération.

« Une Europe souveraine est notre meilleure réponse à cette nouvelle ère », a-t-il conclu, appelant à préserver la liberté et la solidarité démocratique face aux bouleversements géopolitiques en cours.

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