Vue de Kaboul, le 1ᵉʳ janvier 2017.

Le Pakistan a mené de nouveaux bombardements sur Kaboul et d’autres régions d’Afghanistan, ont annoncé, vendredi 13 mars, les autorités talibanes. La police afghane a rapporté que les frappes avaient fait quatre morts dans la capitale. Peu après, un haut responsable des forces de sécurité pakistanaises a confirmé à l’Agence France-Presse (AFP), sous couvert de l’anonymat, les frappes aériennes. « Des cibles précises liées aux talibans pakistanais [TTP] ont été touchées », a-t-il déclaré dans un message faisant référence à un groupe armé qui a revendiqué de nombreuses attaques meurtrières au Pakistan, sans fournir plus de détails.

« Continuant son agression, le régime militaire pakistanais a bombardé une nouvelle fois Kaboul, Kandahar [ville du sud] » et les régions frontalières de « Paktia et Paktika et d’autres », a écrit, sur X, le porte-parole du gouvernement afghan, Zabihullah Mujahid, affirmant que des « femmes et des enfants » ont été tués.

A Kaboul, outre les quatre personnes tuées, quinze autres ont été blessées par un bombardement qui a touché des « maisons civiles » dans l’est de la ville, a précisé le porte-parole de la police de la capitale afghane. « Dans la zone de Guzar, dans le 21ᵉ district de Kaboul, des maisons civiles ont été visées », a écrit Khalid Zadran sur son compte X, en précisant que des femmes et des enfants figuraient parmi les victimes. Vers 5 heures du matin, une journaliste de l’AFP a entendu des tirs de défense antiaérienne.

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A Kandahar, une ville du sud où réside, reclus, le chef suprême des talibans afghans, Hibatullah Akhundzada, les frappes pakistanaises ont touché le dépôt pétrolier de la compagnie aérienne Kam Air, près de l’aéroport, selon le gouvernement afghan.

« Guerre ouverte » du Pakistan aux autorités talibanes

Depuis des mois, Islamabad accuse l’Afghanistan d’accueillir des militants des talibans pakistanais (TTP) qui ont revendiqué de nombreuses attaques meurtrières au Pakistan, ainsi que du groupe Etat islamique au Khorasan (EI-K), ce que les autorités afghanes contestent.

Le conflit entre les deux pays s’est aggravé le 26 février, quand l’Afghanistan a lancé une offensive frontalière en réponse à des frappes aériennes pakistanaises, qui visaient des combattants des TTP, selon Islamabad. Le Pakistan a alors déclaré la « guerre ouverte » aux autorités talibanes, bombardant notamment la capitale afghane, Kaboul, le 27 février, et Kandahar. Mais Islamabad nie viser des civils. Depuis, des affrontements se multiplient dans les zones frontalières.

Entre mardi et jeudi, sept personnes ont trouvé la mort, dont des enfants, en raison de tirs du Pakistan dans des régions frontalières de l’est et du sud-est de l’Afghanistan, selon les autorités afghanes et des sources médicales. « Le Pakistan a mené des opérations ciblées en s’assurant par principe qu’aucun civil ne soit blessé dans ces opérations », avait de son côté réagi, jeudi, le porte-parole du ministère pakistanais des affaires étrangères, Tahir Hussain Andrabi, lors d’un point presse hebdomadaire à Islamabad. Le Pakistan avait aussi rapporté des attaques afghanes ces derniers jours.

Selon un bilan de la mission des Nations unies en Afghanistan (UNAMA) arrêté au 5 mars, 56 civils afghans, dont 24 enfants, ont été tués depuis l’intensification des affrontements frontaliers entre les forces afghanes et l’armée pakistanaise le 26 février. Au moins 115 000 personnes ont été déplacées en Afghanistan par les combats, selon le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (UNHCR).

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Le Monde avec AFP

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