
Les attaques visant la ligne d’écoute nationale destinée aux femmes victimes de violences « s’inscrivent dans un contexte plus large de montée en puissance de la menace masculiniste, organisée, décomplexée », a déploré mardi 10 février le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez.
Fin janvier, la porte-parole de la Fédération nationale Solidarité femmes, Camille Lextray, avait évoqué des « tentatives de saturation du 3919 », avec « des appels coordonnés », « des appels de plus en plus virulents » ainsi que des « attaques envers les écoutantes ».
Selon elle, il s’agit d’actions menées par des collectifs qui réclament l’ouverture du 3919 aux hommes, au nom d’une « discrimination anti-hommes » alors qu’il existe d’autres « dispositifs existants et adaptés ».
« Les attaques que subit aujourd’hui le numéro national 3919 ne sont pas des faits isolés, a déploré le ministre de l’intérieur, interrogé lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale. Elles s’inscrivent dans un contexte plus large de montée en puissance de la menace masculiniste, organisée, décomplexée, qui s’attaque frontalement aux politiques d’égalité, aux associations féministes et aux dispositifs de protection des femmes. »
« Le dernier rapport du Haut Conseil à l’égalité précisait que 39 % des hommes pensent aujourd’hui que le féminisme menace leur place », a-t-il encore expliqué, ajoutant que « les attaques contre le 3919 relèvent d’une stratégie d’intimidation et de déstabilisation que le gouvernement condamne fermement ».
Un phénomène masculiniste en pleine expansion
« La mouvance “incel” [expression née de la contraction de “Involuntary Celibate”, pour “célibataire involontaire”] se développe dans notre pays, avec – on l’a vu dans d’autres pays – des actions qui ont pu être menées qui ont été des actions violentes, qui ont pu conduire et compléter des actions terroristes », a encore relevé Laurent Nuñez, précisant qu’elle était suivie « par les services de renseignement français ».
Le ministre a rappelé l’interpellation, en juin à Saint-Etienne, d’un jeune homme de 18 ans « qui consultait de manière compulsive des sites masculinistes et qui voulait passer à l’action ». « Les dispositifs applicables en matière de terrorisme seront appliqués, à la fois s’agissant des subventions et s’agissant des référencements de ces sites qui peuvent inciter à la haine et à la violence », a-t-il ajouté.


