Le maire de Cannes, David Lisnard, répond aux journalistes à l’issue du bureau politique des Républicains, à Paris, le 24 mars 2026.

C’était attendu, c’est désormais officiel. David Lisnard a quitté formellement Les Républicains (LR) et officialisé sa candidature à l’élection présidentielle, mardi 31 mars, au 20 heures de France 2. Le maire de Cannes – qui défend une ligne libérale -, sortait d’une entrevue avec le président de LR, Bruno Retailleau, déjà lancé dans la course pour 2027, en fin d’après-midi au Sénat.

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« Je quitte LR parce que LR n’a pas quitté tout simplement ses ambiguïtés et la Macronie, c’est aussi simple que cela », a-t-il affirmé, avant de citer notamment « le vote de confiance » des députés LR au gouvernement de François Bayrou en 2024, et « l’abandon de la réforme des retraites », alors qu’une défend une retraite par capitalisation. Selon le maire réélu de Cannes, ces ambiguïtés « ne sont pas acceptables, à treize mois d’une présidentielle où nous devons porter un projet très clair, très net, une alternative ».

« Je suis candidat » à la prochaine présidentielle, a donc annoncé le maire réélu de Cannes, défendant son « projet », sur lequel il travaille « depuis des mois et des mois » avec Nouvelle Energie, son propre mouvement : « un projet libéral, sécuritaire, éducatif et scientifique ».

Il a cependant réitéré sa volonté de voir l’organisation d’une « grande primaire ouverte » à droite. « S’il n’y a pas de grande primaire, ça voudra dire que certains suivent des aventures individuelles qui peuvent faire perdre la chance de rétablir (…) une France d’autorité et une France de liberté », a-t-il affirmé. Selon lui, cette primaire pourrait rassembler tous « ceux qui n’acceptent pas la forfaiture de l’alliance avec les néofascistes de LFI ».

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Invité par Ciotti à sortir de son « isolement »

« Notre pays est en train de s’écrouler, a diagnostiqué le président de l’Association des maires de France (AMF). Ce n’est pas avec ceux qui ont participé aux gouvernements depuis des années, voire des décennies, que l’on rétablira le pays. »

Une semaine plus tôt, le maire de Cannes avait claqué la porte du bureau politique de LR, qui a décidé de consulter le 11 avril les adhérents sur trois options pour la présidentielle : désigner directement Bruno Retailleau comme candidat ; passer par une primaire réservée aux adhérents ; ou une primaire plus ouverte et élargie aux sympathisants. « Je ne suis pas d’accord avec ce qui est proposé », s’était agacé M. Lisnard devant la presse, déplorant que LR, parti dont il est pourtant l’un des vice-présidents, se perçoive toujours comme « en première division » et capable d’« imposer un candidat qui sera présent au second tour ».

Au cours des dernières années, la menace de David Lisnard de quitter Les Républicains est devenue récurrente. L’édile l’a brandie à l’automne, lorsque les députés de son parti ont refusé de censurer le gouvernement de Sébastien Lecornu. Au soir des élections européennes, il y a près de deux ans, il avait déjà décrété que LR était « mort ». Mercredi 25 mars, le vice-président du parti avait presque tranché au micro de BFM-TV : « Je pense ne plus rien avoir à faire [chez LR] », avait-il lâché.

David Lisnard a reçu le soutien d’Éric Ciotti, l’ex-patron de LR qui s’est allié au RN pour conquérir la mairie de Nice. Ravi que l’édile de Cannes ait choisi de quitter le « Titanic LR », le député des Alpes-Maritimes l’a d’ailleurs invité à le rejoindre pour sortir de son « isolement ».

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Le Monde avec AFP

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